Cela devait arriver ! A force de disserter sur le potentiel comparé de la mouche et du moustique en matière d'agacement, du pouvoir révélateur de la merguez grillé sur la recette du tofu ou de la capacité des réparateurs de pare-brise à casser autre chose que des vitres, ils sont revenu me chercher.Qui ? Les infirmiers ? Non, les gens de la Fnac. Pourquoi ? Pour animer, comme l'année dernière le blog du Prix Goncourt des Lycéens 2009 sur le site de la Fnac pendant toute la durée de l'opération; soit jusqu'au 9 novembre 2009, date de la proclamation du lauréat.
Que ceux qui ne regardent pas la Nouvelle Star sur M6, Koh-Lanta sur TF1 ou Fort Boyard sur France 2 sachent qu'ils gagnent un temps précieux puisque cela n'a rien à voir avec le Prix Goncourt des Lycéens 2009. Ils peuvent d'ailleurs continuer à éviter soigneusement "Question pour un Champion", "Un diner presque parfait" ou "La carte aux trésors". Après tout, ils ont certainement mieux à faire. Lire, par exemple.
Le Prix Goncourt des Lycéens parle justement de littérature. Enfin, de livres. Chaque année, depuis 22 ans, la Fnac décerne, sur la base de la sélection réalisée par la prestigieuse académie Goncourt, son propre prix issu du choix des lycéens. Pas moins de 1000 lycéens de toute la France (mais aussi d'autres pays francophones) lisent, commentent, sélectionnent et finalement élisent leur livre chouchou, celui qui devient le Prix Goncourt des Lycéens, en parallèle du prestigieux Goncourt. Souvent à contrepied d'ailleurs. C'est pourquoi ce prix est attendu : il récompense toujours un auteur et un livre qui méritent le détour. Le jury du Goncourt des lycéens a la fraîcheur, la spontanéïté et l'enthousiasme que nous recherchont (parfois vainement...) dans la critique littéraire et que nous trouvons le plus souvent dans les avis de nos amis (qui deviennent alors aussi, naturellement, nos avis). Pas de faux semblant, de pause, de mode ou de snobisme. Le jury aime...ou n'aime pas.
Cette opération donne lieu à de( joyeuse)s rencontres entre écrivains et élèves. J'ai eu la chance l'an dernier de croiser plusieurs auteurs qui ont bouleversé ma vision archétypale de l'écrivain très intérieur et un peu condescendant (bon, je te rassure, y'en a aussi toujours, des comme ça...). J'ai pu déconner un peu avec Patrice Pluyette, aussi fun que sa prose maraboud'ficellesque ou croiser le regard de bête traquée de Catherine Millet., aussi heureuse d'être là qu'un végétarien dans une corrida. J'ai surtout pu échanger une chaleureuse poignée de main avec le "Goncourt 2008" en la personne d'Atiq Rahimi, grand mage charismatique qui avait remercié le misérable ver de terre à plume que je suis pour le billet que j'avais consacré à son livre. Quelle drôle d'idée de la part d'un -si grand- écrivain ? Mais peut-être ne le savait-il alors pas ? J'ai eu aussi la chance de voir rougir sur scène la timide Catherine Cusset, touchante lauréate du Prix Goncourt des Lycéens de cette année là qui avait eu l'élégance, par la suite, de remercier les lycéens par un mot qu'elle m'avait fait parvenir. Ceci dit, vu la couleur de son visage quand elle a pris la parole, je ne pense pas pouvoir me vanter d'avoir été le seul à l'avoir vu.
Le Prix Goncourt des Lycéens est avant tout un moment particulier où des élèves qui participent au jury parlent de livres, où ils échangent leurs impressions de lecture, leurs points de vue, leurs idées. Le blog qui lui est consacré essaie de se faire l'écho de leurs avis, de prendre la température des classes, de retranscrire un peu l'atmosphère des sélections. C'est aussi un endroit de "déculpabilisation de la chose littéraire" comme diraient les intellos pour nous faire bailler. Les lycéens nous montrent qu'un livre, quel qu'il soit, doit avant tout raconter une histoire qui parle au coeur. Règle numéro un de tout bon moment, non ? Voilà pourquoi je suis content de rempiler dans la grande aventure du Prix Goncout des Lycéens 2009.
Reste 14 livres à lire en deux mois, à commenter avec, de temps en temps, quelques billets de mon cru sur les livres en général, mes rencontres d'écrivains en particulier ou plus largement l'ambiance du GDL. Et puis suivre et répondre aux nombreux posts des lycéens impliqués avec leur classe dans l'opération. Ou à toute autre personne souhaitant donner son avis sur les livres de la sélection. Puisque l'accès aux commentaires est ouvert à tous.
Le GDL 2009 a déjà commencé et se vivra en "live" grâce aux réactions laissées sous chaque billet par les visiteurs jusqu'au 9 novembre, jour de l'annonce du lauréat 2009.
Tu ne me pensais pas capable de lire 14 bouquins en 2 mois, hein ? Et bien moi non plus !
Et pourtant...je recommence.
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D'autres l'ont écrit avant moi et bien mieux : quoi de plus enquiquinant
qu'une mouche ?
Ces morsures te dégoutent depuis que tu as vu ce fabuleux documentaire sur Insecte TV qui t'a appris que pour absorber ses aliments, la mouche les engluait
d'abord de sucs gastriques qu'elle regurgitait, avant d'aspirer le tout avec sa trompe. Comment rester immobile quand on a vu cette régurgitation en gros plan et que l'on sait que c'est ce qu'est
en train de faire cet animal sur ton mollet ?
J'ai longtemps cru que « chiures de mouches » était une expression
imagée ne relevant d'aucune réalité. Si tu t'approches suffisamment près d'une vitre, tu observeras de minuscules cercles allant du marron foncé au blanc qui sont bien des traces dues aux
passages de mouches. Ma connaissance de la mouche ne va cependant pas jusqu'à pouvoir affirmer que ces déjections proviennent d'une évacuation ou d'une régurgitation. Ce qui n'est pas la même
chose. Le doute quant à la réalité de l'expression n'est donc pas levé. Je vais me renseigner.
Heureusement, grâce à son génie, l'Homme trouve toujours le moyen de rester maître chez lui et de proclamer à la face du reste de la Nature son inaliénable
supériorité au sein de la Création. Pour cela, il a créé de meurtrières bombes insecticides. Une seule pression peut anéantir toute velléité d'existence d'insectes volants à la ronde et ce sur
plusieurs générations tant est perfectionné l'effet préventif et répulsif de leur composé chimique. Mais à l'heure où le moindre shampoing antipellicullaire parait suspect, employer de telles
armes de destruction massive reviendrait à utiliser un marteau selon l'expression consacrée. Même si, à bien y réfléchir, l'insecticide fait quand même moins de dégâts sur les vitrages.
La meilleure arme reste la tapette à mouche. Elle a le mérite de permettre
l'élimination directe et immédiate des mouches concernées tout en offrant un exutoire soulageant immédiatement l'énervement provoqué. Faire payer la fautive (ou sa congénère; l'auras tu noté ?
toutes les mouches se ressemblent...) devient un plaisir sadique et rare : « Tiens dans ta face, salope ! ». (Excuse moi pour le gros mot mais ça soulage...).
Je t'ai quitté hier à l'époque où la joie informatique la plus profonde résultait de
l'alignement de chiffres et de lettres plus ou moins animés. Quelques années plus tard, ce qui était devenu le PC (Personnal Computer) ou l'Apple avait accompli sa révolution. Remarque d'ailleurs
que l'un des meilleurs ordinateurs s'appelait alors « pomme » et non pas « petit hamburger » comme aujourd'hui. Le mien était un « Apple IIe ».
Et coller cet autocollant de fruit croqué multicolore sur l'un des cotés de son écran beige/vert
signifiait bien plus que de « coller cet autocollant de fruit croqué multicolore sur le coté de son écran beige/vert». Mais cela serait trop long à t'expliquer...
Récupérer une carotte pour la donner à une chèvre qui te laissait passer un pont, demander un haricot magique pour le planter et accéder au ciel ou parler (gentiment !) à une sorcière pour
recevoir la clé du donjon (plutôt qu'un vilain sort) étaient autant de situations délicates à vivre avec enthousiasme et mesure sur son Apple IIe. Mais seuls les initiés avaient accès à ces
expériences. En parler en public pouvant valoir au mieux l'oprobe de ses contemporains, au pire l'hopital psychiatrique !
Mais, aveuglés par ces bonds en avant successifs, mes amis et moi persistions par exemple, à voir un « super graphisme représentant un incroyable cochon en 3D » dans la
superposition de 3 carrés roses...
Contrairement aux précédents jeux de voitures à l'accélération linéaire, celui-ci permettrait de passer les vitesses avec le joystick. Et la vision subjective de l'habitacle montrait toutes
les maneuvres (mouvements du volant, klakson, sélecteur de vitesse et même clignotement du détecteur de radar !). Le jeu poussait le réalisme jusqu'à casser le moteur en cas d'emballement
prolongé. (bon, en fait, à l'image, ça cassait le pare-brise de la voiture mais l'idée était là !). Le son du moteur (différent pour chaque véhicule) était d'un "réalisme" jamais vu. Pourtant,
quel ne fut pas ma surprise quelques années plus tard de revoir le pauvre graphisme vectoriel en bichro. Et quel sinistre grincement monocorde du moteur !
Comme quoi, la science du virtuel est réllement une des valeurs fondatrices de la culture numérique. Compte tenu de la rusticité des effets spéciaux
disponibles (et des performances des machines) de l'époque, l'effort créatifs portaient moins sur les graphismes du jeu proprement dit que sur les supports « papier » ou numérique qui
vantaient ses performances. Les notices de jeu racontaient des histoires compliquées très longues qui allaient bien au delà des séquences du jeu lui-même. Cette abondante littérature pré-ludique
(jaquette, notice, illustrations de notice, générique de démarrage et panneaux de transitions de niveaux) servaient, en fait, à fertiliser l'imagination du joueur. Une forme
d'autosuggestion qui le conditionnait à voir dans un trait long et trois points une tortue quand c'était vert, une chèvre quand c'était blanc et un chien quand c'était marron.
Je n'ai peut être pas l'air, comme ça, mais j'ai connu l'époque héroïque des
premiers ordinateurs individuels. Oui, bon, ça va...
Une fois cette tâche d'une drôlerie folle réalisée, on « lançait le programme » le coeur battant en appuyant sur la grosse touche
« entrée » de la bécane. Clok !
Auparavant, on avait convoqué toute la famille (chien
compris) pour assister à ce lancement digne d'Apollo XI et des premiers pas sur la Lune. « Vous allez voir ce que vous allez voir ! », on lançait sans aucune modestie, à un
entourage grincheux d'avoir été dérangé mais quand même curieux de savoir ce que cet écran vert ou bleu pouvait avoir de si excitant. Evidemment, à cette invitation, l'ordinateur, lui, répondait
invariablement « syntax error » pour signifier dans sa langue qu'il ne comprenait pas le programme du fait des fautes de frappe involontairement glissées par les gros doigts fébriles de
l'opérateur débutant lors du recopiage du code. S'ensuivait, avec la déception des proches, une fastidieuse phase de relecture au cours de laquelle il fallait comparer le texte papier du code au
salmigondi numérique affiché sur l'écran. Aujourd'hui on dit « débugger». A l'époque, on ne disait rien. On se contentait de soupirer.
Et puis enfin, le miracle se produisait (je prends l'hypothèse la
plus optimiste: le cas où ça finissait quand même par marcher - mais j'abrège de quelques heures voire semaines). On pouvait alors gouter aux joies envivrantes de l'informatique ludique grâce aux
touches « W » et « ! » qui permettaient de déplacer dans l'écran un curseur en forme de « H » qui crachait des « i » quand on appuyait sur la barre
« espace ». Le tout pour abattre sans pitié les vilains « M » qui tombaient du ciel pour attaquer la terre. Un jeu absolument irrésistible qui devait s'appeler « Globule
Blaster » ou encore « Atomic Avenger » car le marketing numérique était déjà en marche.
Dans la droite ligne de mes petites théories approximatives, fruits de
l'expérience et de mes observations, il y a celle du « bar d'à côté ». Infaillible.
Quitte à aller boire un verre, autant lui montrer les endroits sympas de chez toi. Et
ça paraît toujours évident...au départ : « Il faut absolument que je t'emmène voir le « Bronsky bar » (ou le « Flytox Lounge» ou le «Koukaboura Club»...) qui vient juste
d'ouvrir. Parce que c'est nouveau, pour l'ambiance, pour le décor, pour les nanas, parce que la bière est à 2 euros ou « simplement » parce que tout le monde en parle...
Puis le néon du bar se profile au bout de la rue. Une rue quelconque, d'ailleurs,
pas facile à trouver et un peu déserte, ne serait-ce le bar sans cachet qui jouxte directement l'établissement à la mode que vous envisagez de rallier...et la queue interminable juste devant ce
dernier.
Car à l'image de ces soirées auxquelles tu n'avais pas envie d'aller mais qui se
révèlent d'enfer, le bar d'à côté est une curiosité de la vie qu'il faut absolument expérimenter !
Daphnée, de Beaufort-sur-Doron (Savoie),
Oui j'avoue : je suis une buse en orthographe, une chèvre, un fléau, un
gravos. Et aucun correcteur automatique ne pourra jamais retrouver son chemin grammatical dans les tournures ampoulées de mes expressions dévoyées. Car ce qui me plait dans le travail des mots,
c'est d'arriver à leur donner une jolie musique en leur faisant dire ce qui me trotte par la tête. Pas de compter les participes, présents ou absents. Au moins, aux musiciens, on ne leur donne
pas une note de dictée de solfège à la fin de chaque interprétation. Regarde,
Pour joindre l'utile à l'agréable, faisons un jeu.
Un jour, je ferai fortune. Si, si.
Le plus souvent, c'est : « Ah, mais quel con !», «Cours toujours, mon pote» ou « Compte
là dessus, Lulu ! ». Parfois, ça parle de voyage en Grèce, évoque une soeur, une mère ou l'ascension d'une éventuelle butte pour y entrevoir Montmartre... Mais ce bref instant révélateur peut
également dévoiler des pensées bien plus positives, intimes même, que la pudeur ou les sentiments ont réprimées durant l'échange. Le plus souvent dans un soupir : « Quand arriverai-je à le lui
dire ?», « Je t'aime, grand fou !» (à l'adresse d'un grand), « Sois à moi, petite idiote » (à une petite), « Quand tu veux, mon gros » (pour un gros). A noter que
cette dernière assertion ne concerne pas uniquement l'amour mais peut aussi s'appliquer aux affaires, au sport ou à tout autre enjeu ou défi de la vie courante sur le thème du « cochon qui
s'en dédit ».
Pensez à tous ceux qui raccrochent mi-figue mi-raisin après un contact
téléphonique de première importance et qui vont s'interroger des heures (des journées ?) entières sur la réalité et la conclusion à tirer de cette courtoise conversation qui les a laissé sur leur
faim. En 5 secondes chronos, ils auraient eu leur réponse : « Tu me gaves », « Je t'aime », « Vas te faire tâter, gros nain. », « Vivement demain, ma belle. »,
« Yoooouuuupppi ! » ou « Ouf ! ». Bon, « Ouf », ça reste pas très clair, comme conclusion. Tout produit a ses limites...
Nombreux sont ceux qui ont tenté de détourner à leur proft le contenu d'échanges
téléphoniques privés. De retentissants scandales ont puni les indiscrets qui se risquaient à ces obscures manoeuvres. Et la technologie progressant, il ne doit plus être très compliqué,
aujourd'hui, d'intercepter des communications. Pourtant, la science n'est jusqu'à présent jamais parvenue à percer à jour la teneur réelle de l'échange verbal entre deux personnes physiquement
distante. Comment décoder en effet ces non-dits énigmatiques qui n'existent pas dans une conversation « les yeux dans les yeux » ? Sinon en écoutant ce qui s'échappe...juste après !
La première fois que j'ai vu ce signe intrigant, c'était sur une plage de l'océan. Du
haut de mes 7 ans, je me demandais ce que ce symbole, proche de celui taggué sur les pyramides de « Tintin et les cigares du pharaon » faisaient sur la planche de surf d'un
« grand », blond et chevelu. Un signe de ralliement à une société secrète de laquelle moi, petit sot avec mon cerf-volant, j'étais exclu ?
Disciple de la « mystique » et des évolutions chorégraphiques du
sautillant « Petit Dragon », il vivait dans une chambre de la taille d'un placard avec fenêtre. Pour égayer l'exigu cagibi, il avait entièrement tapissé les murs d'affiches jaune et
rouge à la gloire des aventures du petit chinois à la coiffure en champignon. Une succession de titres à dresser la peau d'un bonze sur son crâne tondu s'étalait au dessus du héros grandeur
nature : « la fureur du retour de la vengeance du jeu de l'opération de la mort » avec chaque fois « dragon » dedans, pour bien dire que ça allait grave casser des briques.
Divers objets de « culte » étaient disposés un peu partout dans la pièce : nunchaku, shurikan, katana, tonfa... l'attirail ordinaire de tout fanatique des sciences asiatiques de
l'agonie à mains à peu près nues. Au milieu de ce bric-à-brac guerrier trônait un cadre à fond irisé bleu-vert dont je reconnus la forme centrale. Profitant de la confiance que procure l'amitié,
je demandais à mon hôte de me révéler le secret de ce symbole à moi hermétique.
«Ca» paraissait tellement évident que je n'ai pas osé pousser plus loin le sujet. On
était juste passé chercher un truc. On était pressés car on allait à une boum. Et j'avais hâte d'aller tenter une fois de plus de vérifier si d'autres filles avaient elles aussi, ou pas, quelque
chose tatoué quelque part. Chaque âge a ses priorités.
Et c'était vrai. J'y ai pas mal réfléchi depuis. Ce concept, simple au premier abord,
est fascinant. On peut tout expliquer à partir du Tao. Le monde, l'insaisissable infini, les forces de la nature, la vie, tout ! Tout ce qui est compliqué trouve un parallèle simple dans le Tao.
Et c'est une vision tolérante de notre monde : chaque élément est nécessaire à l'ensemble, du moment qu'il y a équilibre avec son contraire. C'est l'excès de l'un ou de l'autre qui est néfaste.
Et nul n'est bon ou mauvais a priori. Cela dépend de son influence alentour à un instant donné. C'est un point de vu philosophique généreux qui peut se marier avec toutes les autres croyances.
Un proverbe indien dit : « Quand l'élève est prêt, le maître
apparaît ».
Un truc me chiffonne. J'ai découvert qu'on pouvait vivre des instants
philosophiques de grande intensité dans sa propre vie de tous les jours. Et même...dans ses toilettes.
Cette histoire, somme toute banale, s'arrêterait là et n'aurait pas attiré mon attention si
cette amnésie ne s'était répétée trois jours de suite. Accaparé par mes occupations de la journée, je ne ressentais l'impérieux besoin de lumière qu'à la nuit tombée. Or, comme dans la chanson de
Monsieur Trenet où le Soleil ne peut rencontrer la Lune, j'étais emporté dans un cercle vicieux. S'il fallait du jour pour changer l'ampoule, il était nécessaire qu'il fasse nuit pour que je m'en
souvint...
Ainsi, sans ce synchronisme adéquat, besoin et (satisf)action ne pouvaient
s'accomplir. Effrayante sensation que de se croire embarqué dans une mise en abîme insondable de sa propre pensée. Et d'en conclure que certains problèmes ne peuvent plus être résolus faute d'avoir
été exprimés au moment où ils auraient eu encore une chance d'être solutionnés.
Heureusement, cette histoire a fini par me faire un noeud au cerveau, comme à un mouchoir. Ce
qui m'a permis de me rappeler, le troisième matin, de prendre mon escabeau pour casser ce cycle infernal.
On ne va pas en faire une fixette non plus mais quand même.
Remarque, c'est normal que ça tourne à l'obsession.
Mais surtout : la vieille girafe est PLUS PETITE que celle qui vient juste
d'être démoulée, peinte et emballée ! Avec le temps, la peinture (non toxique, j'imagine) de son pelage s'efface peu à peu, prend la couleur de tout ce qu'elle touche (poussière, bave, terre,
moquette, morve, etc., gris donc) et le latex (100 % naturel parait-il) qui la compose se contracte en se desséchant. D'où sa diminution de taille.
Certains aliments me semblent parfois être
J'ai lu, avant d'oublier (heureusement) où, que certains américains, gavés de
produits agroalimentaires additivés, survitaminés, appauvris en ci, enrichis en ça, considéraient que les fruits n'étaient en fin de compte qu' «une pauvre source d'eau, de sucre et de vitamines».
Forcément.
Un fruit, c'est moins concentré que tout ce qu'on peux trouver d'autres
dans les supermarkets US. C'est très mal protégé, sans emballage ni date de péremption, impossible à conserver. Un produit brut, en vrac. Autant dire un truc de cro-magnons arboricoles.
Et pourtant, souviens-toi de l'époque bénie (souvent associée à l'enfance, vas savoir
pourquoi, hein ?) où tu ne mangeais des fruits que pour le plaisir de mordre dans cette peau craquante, rugueuse ou soyeuse, de ressentir cette fraîcheur acide et sucrée, d'apprécier ce fondant
sous la langue et te gorger de ce jus si parfumé. Sans parler du bonheur d'éjecter directement avec la bouche pépins et noyaux à même la pelouse ou la fenêtre, joies simples qui, curieusement,
n'ont pas encore été interdites. J'attends quand même la campagne : « Jetez plus, crachez moins » du ministère des fenêtres ouvertes et des pelouses publiques.
Maintenant, quand on mange un fruit, on ne peut s'empêcher de calculer
mentalement sa valeur nutritive : une pomme égale 51 kcalories, 11,5 g de glucides, 0,3 g de protéïnes et de lipides, 15 mg de phosphore. Une banane, c'est 71 kcalories, 21,8 g de glucides, 1,1 g
de protéïnes, 0,3 g de lipides, 435 mg de potassium, 32 mg de magnésium...
On ne mange plus, on emmagasine sa « dose quotidienne de nutriments
recommandés ». Comme les américains finalement. Alors, pourquoi ne pas la prendre sous forme de pilules ? Ou de soda, de barre énergétique, de chewing-gum ? Pourquoi pas un patch aux vitamines,
tiens ? ou un shampoing qui nourrirait en même temps les cheveux et le reste du corps ? Un shampoing aux corn-flakes, ça peut te faire facilement gagner 20 minutes chaque matin, non ?
Ce que j'aime surtout, dans les fruits à la différence des shampoings ou des chewing-gums,
c'est qu'ils rythment les saisons. Il y a la saison des pommes et des oranges puis celle des premières fraises, des melons (avec l'incertitude d'avant la première bouchée puis la nécessaire
confirmation du « ah ! il est bon, çuilà »), le temps des cerises, puis des pêches. Arrivent ensuite les raisins et les poires, enfin les lychees pour Noël et à nouveau les pommes et les
oranges...
Carglass
Le FBI ne protège pas les « témoins » de films publicitaires
(« testimoniaux »). Et il faut croire que de nombreux serial emmerdeurs de la réclame courent toujours.