Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 23:35
Cela devait arriver ! A force de disserter sur le potentiel comparé de la mouche et du moustique en matière d'agacement, du pouvoir révélateur de la merguez grillé sur la recette du tofu ou de la capacité des réparateurs de pare-brise à casser autre chose que des vitres, ils sont revenu me chercher.

Qui ? Les infirmiers ? Non, les gens de la Fnac. Pourquoi ? Pour animer, comme l'année dernière le blog du Prix Goncourt des Lycéens 2009 sur le site de la Fnac pendant toute la durée de l'opération; soit jusqu'au 9 novembre 2009, date de la proclamation du lauréat.

Que ceux qui ne regardent pas la Nouvelle Star sur M6, Koh-Lanta sur TF1 ou Fort Boyard sur France 2 sachent qu'ils gagnent un temps précieux puisque cela n'a rien à voir avec le Prix Goncourt des Lycéens 2009. Ils peuvent d'ailleurs continuer à éviter soigneusement "Question pour un Champion", "Un diner presque parfait" ou "La carte aux trésors". Après tout, ils ont certainement mieux à faire. Lire, par exemple.

Le Prix Goncourt des Lycéens parle justement de littérature. Enfin, de livres. Chaque année, depuis 22 ans, la Fnac décerne, sur la base de la sélection réalisée par la prestigieuse académie Goncourt, son propre prix issu du choix des lycéens. Pas moins de 1000 lycéens de toute la France (mais aussi d'autres pays francophones) lisent, commentent, sélectionnent et finalement élisent leur livre chouchou, celui qui devient le Prix Goncourt des Lycéens, en parallèle du prestigieux Goncourt. Souvent à contrepied d'ailleurs. C'est pourquoi ce prix est attendu : il récompense toujours un auteur et un livre qui méritent le détour. Le jury du Goncourt des lycéens a la fraîcheur, la spontanéïté et l'enthousiasme que nous recherchont (parfois vainement...) dans la critique littéraire et que nous trouvons le plus souvent dans les avis de nos amis (qui deviennent alors aussi, naturellement, nos avis). Pas de faux semblant, de pause, de mode ou de snobisme. Le jury aime...ou n'aime pas.

Cette opération donne lieu à de( joyeuse)s rencontres entre écrivains et élèves. J'ai eu la chance l'an dernier de croiser plusieurs auteurs qui ont bouleversé ma vision archétypale de l'écrivain très intérieur et un peu condescendant (bon, je te rassure, y'en a aussi toujours, des comme ça...). J'ai pu déconner un peu avec Patrice Pluyette, aussi fun que sa prose maraboud'ficellesque ou croiser le regard de bête traquée de Catherine Millet., aussi heureuse d'être là qu'un végétarien dans une corrida. J'ai surtout pu échanger une chaleureuse poignée de main avec le "Goncourt 2008" en la personne d'Atiq Rahimi, grand mage charismatique qui avait remercié le misérable ver de terre à plume que je suis pour le billet que j'avais consacré à son livre. Quelle drôle d'idée de la part d'un -si grand- écrivain ? Mais peut-être ne le savait-il alors pas ? J'ai eu aussi la chance de voir rougir sur scène la timide Catherine Cusset, touchante lauréate du Prix Goncourt des Lycéens de cette année là qui avait eu l'élégance, par la suite, de remercier les lycéens par un mot qu'elle m'avait fait parvenir. Ceci dit, vu la couleur de son visage quand elle a pris la parole, je ne pense pas pouvoir me vanter d'avoir été le seul à l'avoir vu.

Le Prix Goncourt des Lycéens est avant tout un moment particulier où des élèves qui participent au jury parlent de livres, où ils échangent leurs impressions de lecture, leurs points de vue, leurs idées. Le blog qui lui est consacré essaie de se faire l'écho de leurs avis, de prendre la température des classes, de retranscrire un peu l'atmosphère des sélections. C'est aussi un endroit de "déculpabilisation de la chose littéraire" comme diraient les intellos pour nous faire bailler. Les lycéens nous montrent qu'un livre, quel qu'il soit, doit avant tout raconter une histoire qui parle au coeur. Règle numéro un de tout bon moment, non ? Voilà pourquoi je suis content de rempiler dans la grande aventure du Prix Goncout des Lycéens 2009.

Reste 14 livres à lire en deux mois, à commenter avec, de temps en temps, quelques billets de mon cru sur les livres en général, mes rencontres d'écrivains en particulier ou plus largement l'ambiance du GDL. Et puis suivre et répondre aux nombreux posts des lycéens impliqués avec leur classe dans l'opération. Ou à toute autre personne souhaitant donner son avis sur les livres de la sélection. Puisque l'accès aux commentaires est ouvert à tous.

Le GDL 2009 a déjà commencé et se vivra en "live" grâce aux réactions laissées sous chaque billet par les visiteurs jusqu'au 9 novembre, jour de l'annonce du lauréat 2009.

Tu ne me pensais pas capable de lire 14 bouquins en 2 mois, hein ? Et bien moi non plus !
Et pourtant...je recommence.
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : Petits bonheurs
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 08:58

D'autres l'ont écrit avant moi et bien mieux : quoi de plus enquiquinant qu'une mouche ?

C'est toujours lorsque tu goutes un rare instant de sérénité que tu sens les pattes velues de cet exécrable insecte se poser sur le pied ou le bout de ton nez. Non contente de te chatouiller, elle te fait sursauter par le vilain « bbbzzz » qu'elle produit à proximité de ton oreille. Parfois, mettant à l'épreuve ta patience, tu tentes de résister sans bouger à son frôlement insupportable. Mais toujours, la mouche vient à bout de ton contrôle intérieur par ses agaçants petites picotis. Ces morsures te dégoutent depuis que tu as vu ce fabuleux documentaire sur Insecte TV qui t'a appris que pour absorber ses aliments, la mouche les engluait d'abord de sucs gastriques qu'elle regurgitait, avant d'aspirer le tout avec sa trompe. Comment rester immobile quand on a vu cette régurgitation en gros plan et que l'on sait que c'est ce qu'est en train de faire cet animal sur ton mollet ?

J'ai longtemps cru que « chiures de mouches » était une expression imagée ne relevant d'aucune réalité. Si tu t'approches suffisamment près d'une vitre, tu observeras de minuscules cercles allant du marron foncé au blanc qui sont bien des traces dues aux passages de mouches. Ma connaissance de la mouche ne va cependant pas jusqu'à pouvoir affirmer que ces déjections proviennent d'une évacuation ou d'une régurgitation. Ce qui n'est pas la même chose.  Le doute quant à la réalité de l'expression n'est donc pas levé. Je vais me renseigner.

On dit souvent improprement « y'a une mouche là, qui est vraiment énervante !», imputant tous les désagréments à une seule et même créature. Or, l'on constate souvent, un fois l'intruse abattue, qu'une autre, à son tour, vient  nous importuner. Preuve que ce n'était pas une mais deux, trois voire dix mouches qui s'ingénient à nous agacer. Peut-être qu'une loi non écrite chez les mouches existe qui veut qu'elles n'attaquent qu'une par une mais qu'à chaque mouche qui tombe, "une autre sort de l'ombre à sa place"... Quoiqu'il en soit, c'est fou l'insoutenable agacement que peut causer une seule et vile mouche.

Heureusement, grâce à son génie, l'Homme trouve toujours le moyen de rester maître chez lui et de proclamer à la face du reste de la Nature son inaliénable supériorité au sein de la Création. Pour cela, il a créé de meurtrières bombes insecticides. Une seule pression peut anéantir toute velléité d'existence d'insectes volants à la ronde et ce sur plusieurs générations tant est perfectionné l'effet préventif et répulsif de leur composé chimique. Mais à l'heure où le moindre shampoing antipellicullaire parait suspect, employer de telles armes de destruction massive reviendrait à utiliser un marteau selon l'expression consacrée. Même si, à bien y réfléchir, l'insecticide fait quand même moins de dégâts sur les vitrages.

Différents moyens, plus écologiques, existent. Certains affirment qu'éteindre toute source lumineuse et ouvrir les fenêtres inciterait ces pénibles insectes à chercher ailleurs des proies plus faciles (et plus éclairées). Encore faudrait-il avoir la patience de rester dans le noir le temps suffisant à l'évacuation totale des indésirables. Le célèbre papier colle-mouche est une arme non polluante, a priori. Il s'agit d'un beau ruban gluant marron qu'il faut dérouler et accrocher au plafond. Si tu y parviens sans te coller les doigts ou une autre partie du corps, il donnera à ton petit chez toi une belle allure d'étable Lozérienne; le spectacle des mouches mortes à hauteur d'yeux en plus.

La meilleure arme reste la tapette à mouche. Elle a le mérite de permettre l'élimination directe et immédiate des mouches concernées tout en offrant un exutoire soulageant immédiatement l'énervement provoqué. Faire payer la fautive (ou sa congénère; l'auras tu noté ? toutes les mouches se ressemblent...) devient un plaisir sadique et rare : « Tiens dans ta face, salope ! ». (Excuse moi pour le gros mot mais ça soulage...).

Deux inconvénients tout de même : le premier : cet acte de violence légitime ayant pour effet de raccourcir le système digestif des mouches par une forte pression faisant communiquer d'un seul coup la trompe et le sphincter de l'insecte, il en résulte le plus souvent une expulsion d'un liquide incertain qu'il sera nécessaire d'essuyer.

Le deuxième : comme toute arme de poing, celle-ci n'est efficace que lorsque tu l'as en main. Et, devine quand la mouche va se poser sur toi ?

 

Allez, une petite chanson pour détendre l'atmosphère : "La mouche" de Michel Polnareff repris par "Le cri de a mouche" pour rester dans l'ambiance...

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Alphonse n'est pas content - Communauté : Petits bonheurs
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 00:00

Je t'ai quitté hier à l'époque où la joie informatique la plus profonde résultait de l'alignement de chiffres et de lettres plus ou moins animés. Quelques années plus tard, ce qui était devenu le PC (Personnal Computer) ou l'Apple avait accompli sa révolution. Remarque d'ailleurs que l'un des meilleurs ordinateurs s'appelait alors « pomme » et non pas « petit hamburger » comme aujourd'hui. Le mien était un « Apple IIe ». Et coller cet autocollant de fruit croqué multicolore sur l'un des cotés de son écran beige/vert signifiait bien plus que de « coller cet autocollant de fruit croqué multicolore sur le coté de son écran beige/vert». Mais cela serait trop long à t'expliquer...

Tout le monde parlait alors, avec des accents de science fiction, de l'avènement proche du "monde virtuel". Touché par la grâce du numérique, tu vivais toi-même une expérience totalement abstraite. Possédé au dernier degré par la « révolution numérique » tu goutais les progrès réalisés, fasciné par la "vraissemblance" des nouveaux graphismes, la reproduction si fidèle des sons et des mouvements. « L'intelligence artificielle » permettait désormais de se lancer dans des jeux faisant davantage appel à la réflexion, tels ces jeux d'aventures qui te permettaient de vivre la progression d'un personnage au travers de situations énigmatiques. Récupérer une carotte pour la donner à une chèvre qui te laissait passer un pont, demander un haricot magique pour le planter et accéder au ciel ou parler (gentiment !) à une sorcière pour recevoir la clé du donjon (plutôt qu'un vilain sort) étaient autant de situations délicates à vivre avec enthousiasme et mesure sur son Apple IIe. Mais seuls les initiés avaient accès à ces expériences. En parler en public pouvant valoir  au mieux l'oprobe de ses contemporains, au pire l'hopital psychiatrique !

Chaque évolution technologique qui poussait chaque jeux vers plus de « réalisme » était vécue comme une prouesse. Il n'en demeure pas moins que cette « réalité virtuelle » était toute relative en regard du fossé qui la séparait encore ne serait-ce que de la vraissemblance. Mais, aveuglés par ces bonds en avant successifs, mes amis et moi persistions par exemple, à voir un « super graphisme représentant un incroyable cochon en 3D » dans la superposition de 3 carrés roses...

Certains moments nous remettaient en phase avec la réalité. De plus en plus de magasins commençaient à vendre des jeux pour ordinateurs.  Ceux-ci étaient présentés dans de belles boites en carton dont les couvertures étaient à elles seules (c'est le cas de le dire) tout un programme. Dragons crachants des flammes, bolides en mouvement, cosmonautes en pleine action, les illustrations rivalisaient de créativité et d'audace pour toucher notre imaginaire. Et malgré notre bonne volonté et les graphismes plutôt travaillés de la séquence de générique de lancement des jeux, nous percevions quand même le "décalage entre la promesse...et le jeux lui-même". Dis autrement: ça frôlait souvent l'arnaque...

Par exemple, quand la couverture d'un jeu annonçait une incroyable quête dans un monde fabuleux, de cette façon :

Le jeu, lui, donnait ça :

Et je te montre là l'un des meilleurs jeux de l'époque. Une quête royale pour une oeuvre numérique quasi révolutionnaire : couleur (kitsch mais couleur quand même), semblant de 3D et précision  relative des détails; un chef d'oeuvre, je te dis ! King Quest était une saga qui pris fin avant l'an 2000. Même le 8ème et dernier opus, le plus abouti car bénéficiant des dernières avancées technologique te ferait aujourd'hui sourire...

J'ai le souvenir d'un de mes plus grand moments de jeu. Il s'agissait d'un « simulateur de conduite » qui « reproduisait le plus fidèlement » la conduite des plus belles voitures de sport de l'époque : Porsche, Ferrari, Lamgorgnini et Corvette. Contrairement aux précédents jeux de voitures à l'accélération linéaire, celui-ci permettrait de passer les vitesses avec le joystick. Et la vision subjective de l'habitacle montrait toutes les maneuvres (mouvements du volant, klakson, sélecteur de vitesse et même clignotement du détecteur de radar !). Le jeu poussait le réalisme jusqu'à casser le moteur en cas d'emballement prolongé. (bon, en fait, à l'image, ça cassait le pare-brise de la voiture mais l'idée était là !). Le son du moteur (différent pour chaque véhicule) était d'un "réalisme" jamais vu. Pourtant, quel ne fut pas ma surprise quelques années plus tard de revoir le pauvre graphisme vectoriel en bichro. Et quel sinistre grincement monocorde du moteur !

Comme quoi, la science du virtuel est réllement une des valeurs fondatrices de la culture numérique. Compte tenu de la rusticité des effets spéciaux disponibles (et des performances des machines) de l'époque, l'effort créatifs portaient moins sur les graphismes du jeu proprement dit que sur les supports « papier » ou numérique qui vantaient ses performances. Les notices de jeu racontaient des histoires compliquées très longues qui allaient bien au delà des séquences du jeu lui-même. Cette abondante littérature pré-ludique (jaquette, notice, illustrations de notice, générique de démarrage et panneaux de transitions de niveaux) servaient, en fait, à fertiliser l'imagination du joueur.  Une forme d'autosuggestion qui le conditionnait à voir dans un trait long et trois points une tortue quand c'était vert, une chèvre quand c'était blanc et un chien quand c'était marron.

Hier, la qualité d'un jeu résidait davantage dans la capacité de suggestion de son marketing que dans celle de ses développeurs. Aujourd'hui l'écart entre virtualité réelle et réalité virtuelle est moindre.

Pas sûr cependant que, de nos  jours, l'effort persuasif du marketing soit devenu moins essentiel...

 

 

 

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : over-blog
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 07:34

Je n'ai peut être pas l'air, comme ça, mais j'ai connu l'époque héroïque des premiers ordinateurs individuels. Oui, bon, ça va...

On ne les appelait pas encore PC ou MAC comme aujourd'hui mais « ordinateurs domestiques »; pour les différencier, sans doute, des troupeaux d'ordinateurs qui devaient prospérer à l'état sauvage dans les savanes lointaines des entreprises. L'ordinateur personnel avait du être ramené et apprivoisé par d'aventureux explorateurs à l'occasion d'une de ces longues expéditions de découvertes qui repoussèrent les limites du savoir et de la connaissance.

A cette époque, «jouer à l'ordinateur » consistait à brancher un sommaire boitier à la télé du salon. Puis à aligner sans se poser de questions (surtout pas !) une suite de lettres et de chiffres absolument incompréhensibles à l'aide d'un clavier dont les touches étaient aussi dures que bruyantes. Une fois cette tâche d'une drôlerie folle réalisée, on « lançait le programme » le coeur battant en appuyant sur la grosse touche « entrée » de la bécane. Clok !

Auparavant, on avait convoqué toute la famille (chien compris) pour assister à ce lancement digne d'Apollo XI et des premiers pas sur la Lune. « Vous allez voir ce que vous allez voir ! », on lançait sans aucune modestie, à un entourage grincheux d'avoir été dérangé mais quand même curieux de savoir ce que cet écran vert ou bleu pouvait avoir de si excitant. Evidemment, à cette invitation, l'ordinateur, lui, répondait invariablement « syntax error » pour signifier dans sa langue qu'il ne comprenait pas le programme du fait des fautes de frappe involontairement glissées par les gros doigts fébriles de l'opérateur débutant lors du recopiage du code. S'ensuivait, avec la déception des proches, une fastidieuse phase de relecture au cours de laquelle il fallait comparer le texte papier du code au salmigondi numérique affiché sur l'écran. Aujourd'hui on dit « débugger». A l'époque, on ne disait rien. On se contentait de soupirer.

Et puis enfin, le miracle se produisait (je prends l'hypothèse la plus optimiste: le cas où ça finissait quand même par marcher - mais j'abrège de quelques heures voire semaines). On pouvait alors gouter aux joies envivrantes de l'informatique ludique grâce aux touches « W » et « ! » qui permettaient de déplacer dans l'écran un curseur en forme de « H » qui crachait des « i » quand on appuyait sur la barre « espace ». Le tout pour abattre sans pitié les vilains « M » qui tombaient du ciel pour attaquer la terre. Un jeu absolument irrésistible qui devait s'appeler « Globule Blaster » ou encore « Atomic Avenger » car le marketing numérique était déjà en marche.

C'est sans doute à l'occasion de ces grandes séances de présentation dans le salon qu'un insondable et irréversible fossé s'est creusé entre les familles et ces pionniers du jeu vidéo. Celles-ci s'étant lassées à la longue d'être dérangées plusieurs fois par jour à grand cris pour assister au simple déplacement d'un « H » sur un écran de téléviseur. Une incompréhension d'autant plus malheureuse que cette lettre représentait pourtant (ou pas) le dernier rempart de la civilisation contre les hordes d'envahisseurs extraterrestres (on dit depuis « aliens ») qui déferlaient sur notre belle planète bleue (ou verte, selon la couleur du fond d'écran) !

Si ces fameuses convocations familliales à de grands messes de lancement informatiques n'ont eu (au mieux) qu'un effet mitigé sur notre entourage proche, elles sont devenues une grande tradition marketing pour des gens tels que Bill Gates ou Steve Job, totalement inconnus à l'époque mais qui, eux, ont sans doute bénéficié de la bienveillance dun environnement plus ouvert à l'abstraction alphabétique...et plus réceptif la menace martiennes potentielle.

Pour finir ce premier volet d'informatique nostalgie, je ne résiste pas au plaisir quasi érotique de te dévoiler un Apple IIe dans son plus simple appareil(lage). Après toutes ces années, cela me fait toujours quelque chose de voir cette image. Ce transfo en alu anodisé or, cette carte mère si épurée, ces chips si bien alignés... Glups ! J'en défaille encore.

Victime sans doute du "sex Apple"...

A SUIVRE...

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : over-blog
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 11:30

Dans la droite ligne de mes petites théories approximatives, fruits de l'expérience et de mes observations, il y a celle du « bar d'à côté ». Infaillible.

Toujours pareil : tu reçois chez toi un bon pote qui habite loin et vous avez décidé de sortir.

Quitte à aller boire un verre, autant lui montrer les endroits sympas de chez toi. Et ça paraît toujours évident...au départ : « Il faut absolument que je t'emmène voir le « Bronsky bar » (ou le « Flytox Lounge» ou le «Koukaboura Club»...) qui vient juste d'ouvrir. Parce que c'est nouveau, pour l'ambiance, pour le décor, pour les nanas, parce que la bière est à 2 euros ou « simplement » parce que tout le monde en parle...

Sur ce, vous partez sans tarder, toi, fier de montrer à ton copain comment on s'amuse « par chez toi » et lui, tout heureux de découvrir, grâce à toi, la « place to be » du moment.

Alors, bien sûr, tu passes sur la bonne demi heure à trouver une place pour te garer. Tu expliques à ton pote, en te tournant vers lui l'air gêné tout en faisant ton créneau que « c'est comme ça, ici » mais que « quand même d'habitude, c'est pas autant comme ça ». D'ailleurs les vingt minutes de marche qui suivent pour rejoindre le quartier du bar te laisse largement le temps d'expliquer ton incompréhension quant au coup du sort du jour qui fait que, juste aujourd'hui où il est là, les places dans le quartier sont introuvables.

Puis le néon du bar se profile au bout de la rue. Une rue quelconque, d'ailleurs, pas facile à trouver et un peu déserte, ne serait-ce le bar sans cachet qui jouxte directement l'établissement à la mode que vous envisagez de rallier...et la queue interminable juste devant ce dernier.

- On va quand même pas faire la queue pour boire un coup, dit ton pote plein du bon sens du mec qui ne vit pas en ville.

- Mais non, c'est rien. La plupart des gens que tu vois, c'est des mecs qui prennent l'air dehors. C'est bon signe. Ca veut dire qu'il fait chaud dedans. Et donc, qu'il y a une bonne ambiance...

- Et si on allait ailleurs ?

Cette seule idée te révolte. Un simple coup d'oeil à la ronde te confirme de toutes façons que trouver un lieu équivalent dans le quart d'heure serait mission impossible.

- Avec le mal qu'on s'est donné, ce serait con. Et puis, tu verras, ça rentre et ça sort, à l'intérieur. Je te paris que dans 10 petites minutes, tu seras assis au bar devant une bonne bière.

En fait, ta mère a bien fait de t'apprendre à ne jamais parier car un bon quart d'heure plus tard, tu es toujours au même point, les pieds presque plantés dans le bitume du trottoir. Tu sens la perspective d'une bonne soirée t'échapper quand ton ami reprend l'initiative.
- Après tout, on s'en fiche, c'est juste pour boire un coup. Y'a quand même pas que ce bar dans cette ville. Regarde, ce bar, là, il a l'air très bien. Pourquoi personne n'y va ?

Et tout à coup, tu considères le bistro, là, juste à côté avec un peu moins de mépris. Bon d'accord, il n'a pas la superbe du bar souhaité mais il dispose quand même de tout ce qui fait un bar digne de ce nom: un comptoir, une pompe à bière, des tables, des chaises et des consommateurs qui ne te semblent pas si patibulaires. Alors, pour sauver ta soirée, toute honte bue et toute bière à boire, tu entres...

Et bien, crois moi si tu le veux, mais tu passes alors, immanquablement l'une des meilleures soirées de ta vie.

Car à l'image de ces soirées auxquelles tu n'avais pas envie d'aller mais qui se révèlent d'enfer, le bar d'à côté est une curiosité de la vie qu'il faut absolument expérimenter !

Le bar d'à côté repousse par nature les crétins prêts à faire la queue jusqu'au bout, juste pour faire partie de la déco du nouvel endroit à la mode, plutôt que de boire confortablement une bière. Le bar d'à côté est un refuge. Il est habité par des habitués goguenards qui, plutôt que de tourner en rond entre eux, accueillent à bras ouverts les naufragés de la soirée pourrie. Comme les insulaires, friands des récits des nouveaux venus, ils savent aussi que ces derniers, avec la passion des désespérés revenus à la vie leur rendront avec gratitude leur accueil désintéressé, à coup de tournée générales et de rigolade.

C'est sans doute cette humanité fraternelle, cette chaleureuse complicité qui fait le bonheur à boire dans les bars d'à côté.

Le bar d'à côté sera toujours la valeur sûr du début de soirée « pourrie » qui finit bien.

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : Petits bonheurs
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 15:11

Daphnée, de Beaufort-sur-Doron (Savoie), lectrice enthousiaste mais réservée, a écrit dans un gentil mail à moi adressé que si la lecture de mes billets lui procurait une joie divertissante (merci ma petite Daphnée), le niveau d'orthographe rencontré, en revanche, « craigrait vilainement le pâté ».

Par solidarité envers les auteurs audacieux, j'ai tout d'abord félicité Daphné pour sa hardie métaphore. Puis, me suis lancé dans une explication persuasive sur la transgression littéraire contemporaine qui poussait les plus grands auteurs de ce siècle à rendre aléatoires les aliénantes règles orthographiques de notre langue. Faute de porte parole représentatif pour soutenir ce mouvement encore underground victime de son avant-gardisme, ma thèse n'a eu que peu d'écho à ses yeux (fatigués par la typo taille 10 de mon blog. Je m'en excuse par ailleurs mais la 11, ça changeait rien et la 12, ça faisait trop gros... Et puis, c'est vrai que l'écho a souvent du mal à toucher les yeux, même en Savoie).

Oui j'avoue : je suis une buse en orthographe, une chèvre, un fléau, un gravos. Et aucun correcteur automatique ne pourra jamais retrouver son chemin grammatical dans les tournures ampoulées de mes expressions dévoyées. Car ce qui me plait dans le travail des mots, c'est d'arriver à leur donner une jolie musique en leur faisant dire ce qui me trotte par la tête. Pas de compter les participes, présents ou absents. Au moins, aux musiciens, on ne leur donne pas une note de dictée de solfège à la fin de chaque interprétation. Regarde, Beethoven, on ne l'a jamais embêté, lui, avec des questions de clé de sol mal placée ou de dièse inappropriée. Tu vas dire que je me prends pour Beethoven maintenant... Mais bon, il fallait bien que je trouve un exemple avec quelqu'un de connu, cette fois. D'ailleurs, on pouvait toujours lui dire ce qu'on voulait, à Beethoven, il était sourd. Et puis, comme c'était il y a longtemps, aujourd'hui, tout le monde a oublié (ou ceux qui n'ont pas oubliés sont morts !). Comme quoi...

Mais tu as sans doute raison au sujet de la musique sans fausse note, ma chère Daphnée... Je ferai des efforts.

Pour joindre l'utile à l'agréable, faisons un jeu.

Ceux que mes amnésies orthographiques effrayent n'ont qu'à les recenser et m'indiquer leur nombre en commentaire de chaque billet. Cela me permettra de mesurer l'étendu des dégâts, d'essayer de retrouver moi-même lesdites fautes...et de juger l'éventuelle progression dans le temps. Comme dans le jeu des 7 erreurs, vous pouvez m'envoyer la « solution » par mail (en cliquant comme Daphnée sur le lien « Contact ») afin que je puisse comparer avec celles que j'aurai trouvées. Vous allez voir, on va en trouver bien d'avantages. Le gagnant aura sa photo sur le Boudablog; ce qui sera largement plus sympa et beaucoup plus prestigieux que de postuler pour les palmes académiques... 

Voilà comment transformer une corvée chiante de relecture en jeu sympa qui amuse toute la famille.
Merci Daphnée !

(mais je ne voudrais quand même pas que mon blog se transforme en terrain de chasse pour Tartarins de Tarascon de l'orthographe...)

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Alphonse n'est pas content
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 07:03
Un jour, je ferai fortune. Si, si.

Comment ? J'aurai inventé, fais breveter et commercialiser le système permettant aux téléphones de raccrocher cinq secondes après que l'on ait cru l'avoir fait. Ceci afin que celui qui garde le téléphone à l'oreille puisse entendre ce que dit l'autre juste après qu'il ait (cru) raccroché(r)... Un truc de dingue !

Car quel que soit le temps que l'on passe au téléphone et ce que l'on se dit, le plus important, le plus révélateur, ce qui traduit le mieux le tréfond de notre pensée trahissant la réalité de nos sentiments à l'issu de l'échange, n'est-ce-pas ce que l'on dit...juste après avoir raccroché ?

Le plus souvent, c'est : « Ah, mais quel con !», «Cours toujours, mon pote» ou « Compte là dessus, Lulu ! ». Parfois, ça parle de voyage en Grèce, évoque une soeur, une mère ou l'ascension d'une éventuelle butte pour y entrevoir Montmartre... Mais ce bref instant révélateur peut également dévoiler des pensées bien plus positives, intimes même, que la pudeur ou les sentiments ont réprimées durant l'échange. Le plus souvent dans un soupir : « Quand arriverai-je à le lui dire ?», « Je t'aime, grand fou !» (à l'adresse d'un grand), « Sois à moi, petite idiote » (à une petite), « Quand tu veux, mon gros » (pour un gros). A noter que cette dernière assertion ne concerne pas uniquement l'amour mais peut aussi s'appliquer aux affaires, au sport ou à tout autre enjeu ou défi de la vie courante sur le thème du « cochon qui s'en dédit ».

Pensez à tous ceux qui raccrochent mi-figue mi-raisin après un contact téléphonique de première importance et qui vont s'interroger des heures (des journées ?) entières sur la réalité et la conclusion à tirer de cette courtoise conversation qui les a laissé sur leur faim. En 5 secondes chronos, ils auraient eu leur réponse : « Tu me gaves », « Je t'aime », « Vas te faire tâter, gros nain. », « Vivement demain, ma belle. », « Yoooouuuupppi ! » ou « Ouf ! ». Bon, « Ouf », ça reste pas très clair, comme conclusion. Tout produit a ses limites...

Bien sûr, parfois, nul besoin du support de la technologie pour saisir la nature réelle de la discussion. Une tonalité perçue après qu'on se soit fait raccrocher au nez par exemple est une forme implicite et dérivée de la fameuse invitation Grecque citée plus haut. De même les explicites « Ah non, vous vous êtes trompé de numéro » et le « Raccrochez ou j'appelle la Police ». A noter que cette dernière menace est restée longtemps un grand bluff avant la généralisation du téléphone portable qui offrit enfin à l'interlocuteur excédé une deuxième ligne disponible permettant réellement de composer le 12...

Nombreux sont ceux qui ont tenté de détourner à leur proft le contenu d'échanges téléphoniques privés. De retentissants scandales ont puni les indiscrets qui se risquaient à ces obscures manoeuvres. Et la technologie progressant, il ne doit plus être très compliqué, aujourd'hui, d'intercepter des communications. Pourtant, la science n'est jusqu'à présent jamais parvenue à percer à jour la teneur réelle de l'échange verbal entre deux personnes physiquement distante. Comment décoder en effet ces non-dits énigmatiques qui n'existent pas dans une conversation « les yeux dans les yeux » ? Sinon en écoutant ce qui s'échappe...juste après !

Et toutes ces cinq secondes mises bout à bout valent de l'or, n'est ce pas ?
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Des fois, ça fait peur... - Communauté : Petits bonheurs
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 07:11

La première fois que j'ai vu ce signe intrigant, c'était sur une plage de l'océan. Du haut de mes 7 ans, je me demandais ce que ce symbole, proche de celui taggué sur les pyramides de « Tintin et les cigares du pharaon » faisaient sur la planche de surf d'un « grand », blond et chevelu. Un signe de ralliement à une société secrète de laquelle moi, petit sot avec mon cerf-volant, j'étais exclu ?

La deuxième fois que j'ai aperçu le signe, c'était, vers 13 ans, sur l'épaule ou le coin de fesse d'une nymphe de papier glacé dans le magazine féminin de ma grande soeur. Emotion...et questions : quelles étranges promesses cachaient ce logo définitif sur la peau de fesse de cette « grande » ?

La troisième fois, ce fut en pénétrant dans la chambre de bonne d'un ami karatéka ou plus exactement le sanctuaire dédié à l'adoration de son idole Bruce Lee dans lequel il dormait.

Disciple de la « mystique » et des évolutions chorégraphiques du sautillant « Petit Dragon », il vivait dans une chambre de la taille d'un placard avec fenêtre. Pour égayer l'exigu cagibi, il avait entièrement tapissé les murs d'affiches jaune et rouge à la gloire des aventures du petit chinois à la coiffure en champignon. Une succession de titres à dresser la peau d'un bonze sur son crâne tondu s'étalait au dessus du héros grandeur nature : « la fureur du retour de la vengeance du jeu de l'opération de la mort » avec chaque fois « dragon » dedans, pour bien dire que ça allait grave casser des briques. Divers objets de « culte » étaient disposés un peu partout dans la pièce : nunchaku, shurikan, katana, tonfa... l'attirail ordinaire de tout fanatique des sciences asiatiques de l'agonie à mains à peu près nues. Au milieu de ce bric-à-brac guerrier trônait un cadre à fond irisé bleu-vert dont je reconnus la forme centrale. Profitant de la confiance que procure l'amitié, je demandais à mon hôte de me révéler le secret de ce symbole à moi hermétique.

«Ca ? mais c'est le grand signe de l'univers. C'est le Tao ».

«Ca» paraissait tellement évident que je n'ai pas osé pousser plus loin le sujet. On était juste passé chercher un truc. On était pressés car on allait à une boum. Et j'avais hâte d'aller tenter une fois de plus de vérifier si d'autres filles avaient elles aussi, ou pas, quelque chose tatoué quelque part. Chaque âge a ses priorités.

Et je suis donc reparti avec plus de questions que de réponses. Mais avec quand même un indice: le machin s'appelait « Tao ».

Quel rapport pouvaient bien avoir les cigares du pharaon, l'océan, un mec gesticulant en pyjama et la fesse d'une bimbo ?

C'est plus tard que j'ai eu la révélation du sens réel du Tao. A la fin de ma première séance d'arts martiaux, le professeur me parla spontanément de ce sujet qui le passionnait :

« Le Tao, c'est le Yin et le Yang, l'opposition des contraires, la force positive et son inverse ». S'en suivit une litanie de concepts et leur opposé : chaud/froid, dur/mou, lumière/obscurité, sucré/amer, noir/blanc, etc.

« Les taoïstes disent que c'est la loi qui régit l'univers . Que chaque élément peut être le remède ou le poison, selon son dosage. Toute harmonie est donc le fruit de l'équilibre des forces qui nous entourent. Le tao est une belle philosophie !».

Et c'était vrai. J'y ai pas mal réfléchi depuis. Ce concept, simple au premier abord, est fascinant. On peut tout expliquer à partir du Tao. Le monde, l'insaisissable infini, les forces de la nature, la vie, tout ! Tout ce qui est compliqué trouve un parallèle simple dans le Tao. Et c'est une vision tolérante de notre monde : chaque élément est nécessaire à l'ensemble, du moment qu'il y a équilibre avec son contraire. C'est l'excès de l'un ou de l'autre qui est néfaste. Et nul n'est bon ou mauvais a priori. Cela dépend de son influence alentour à un instant donné. C'est un point de vu philosophique généreux qui peut se marier avec toutes les autres croyances.

Le vieux professeur finit en concluant : « c'est surtout une grande quête personnelle : la recherche de l'équilibre de ses propres forces intérieures, l'aspiration à l'harmonie avec le monde extérieur. »

Ce soir là, je quittais le dojo différent du moment où j'y étais entré. Oui le Tao était une quête. Et j'avais moi-même mis des années à découvrir une partie de son sens, après de multiples expériences, rencontres et questionnements.

Un proverbe indien dit : « Quand l'élève est prêt, le maître apparaît ».

Ainsi, j'étais donc prêt à recevoir la vérité du Tao ? Dans les films de kung-fu, l'initiation a lieu dans la belle lumière vascillante des candélabres d'un temple shaolin. Le (futur) héros triomphant s'avance face au maître digne et scintillant de sa plus belle tenue d'apparat revétue pour l'occasion. Moment émouvant, magnifique, chargé de symboles. Ca a une gueule folle !

Le soit-disant « sublime secret de l'harmonie universelle » m'a été révélé, à moi, par un vieil homme en slip dans un vestiaire décrépi sentant la sueur et les égouts.

Parfois, certains « petits scarabées » ont des allures de vulgaires blattes...

 

 

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : over-blog
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 07:57
Un truc me chiffonne. J'ai découvert qu'on pouvait vivre des instants philosophiques de grande intensité dans sa propre vie de tous les jours. Et même...dans ses toilettes.

Tu connais l'expression « Epée de Damoclès » tirée de la légende Grecque du tyran de Syracuse. Sans me prendre pour un quelconque autocrate antique (plus facile à écrire qu'à dire), j'ai ressentis la précarité de Damoclès. Oui, sur mon propre trône en faïence. En moins glorieux, donc.

Un soir, alors qu'il faisait nuit depuis peu, j'allais le plus naturellement du monde aux toilettes. Actionnant vainement l'interrupteur commandant la lumière, j'en conclus que l'ampoule était grillée. Plongé dans l'obscurité, je poursuivais néanmoins courageusement l'objet de ma venue. Ceci fait, et faute de l'éclairage nécessaire au démontage du plafonnier, je remettais au lendemain le remplacement de la défectueuse ampoule.

Le jour revenu, j'oubliais ma mésaventure et profitais, normalement, comme le reste de la maisonnée du confort de mon lieu d'aisance, agréablement baigné d'une naturelle lumière diurne.
« La vie, dit le poète, coule comme un impétueux ruisseau printanier. Et la journée file, comme l'onde, sa course échevelée de joies et de tourments ». Ainsi passa le jour sans que ne revienne un seul instant à mon esprit le souvenir de cette mésaventure; lesdits joies et tourments du jour en question occultant les pâles questions domestiques de la veille. Ce n'est qu'au soir tombant que je pris conscience de ce funeste oublie. Retrouvant mes cabinets plongés dans l'obscurité, je me promettais, une fois de plus, de réparer dès Potron-Minet .

Cette histoire, somme toute banale, s'arrêterait là et n'aurait pas attiré mon attention si cette amnésie ne s'était répétée trois jours de suite. Accaparé par mes occupations de la journée, je ne ressentais l'impérieux besoin de lumière qu'à la nuit tombée. Or, comme dans la chanson de Monsieur Trenet où le Soleil ne peut rencontrer la Lune, j'étais emporté dans un cercle vicieux. S'il fallait du jour pour changer l'ampoule, il était nécessaire qu'il fasse nuit pour que je m'en souvint...

Ainsi, sans ce synchronisme adéquat, besoin et (satisf)action ne pouvaient s'accomplir. Effrayante sensation que de se croire embarqué dans une mise en abîme insondable de sa propre pensée. Et d'en conclure que certains problèmes ne peuvent plus être résolus faute d'avoir été exprimés au moment où ils auraient eu encore une chance d'être solutionnés.
Ou plus exactement : c'est parfois lorsqu'ils ne peuvent plus jamais être réglés que certains problèmes deviennent visibles.
La spirale de l'échec absolu dans sa plus cruelle expression.
Et de penser aux situations les plus dramatiquement absurdes qui nous ont été données à déplorer : les maladies contagieuses dont l'apparition des symptômes correspond au seuil maximum de l'épidémie, les réactions en chaînes comme celle des crashes aériens, les baignoires qui fuient et autres catastrophes Titanitiques ou Pompeïesque dont la révélation exprime l'apogée irréversible du drame.

Ah, c'est angoissant, la philosophie d'une ampoule de chiottes !

Heureusement, cette histoire a fini par me faire un noeud au cerveau, comme à un mouchoir. Ce qui m'a permis de me rappeler, le troisième matin, de prendre mon escabeau pour casser ce cycle infernal.

Comme quoi, un bon escabeau et un tournevis peuvent parfois venir à bout de la métaphysique la plus tenace.

A moins qu'un bon noeud à son mouchoir...
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Des fois, ça fait peur... - Communauté : over-blog
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 20:12

On ne va pas en faire une fixette non plus mais quand même.

C'est pas que ça me travaille, ces histoires de girafe (et ne va pas croire que je suis à la solde de monsieur Girafe, non plus). Mais je me suis quand même un peu renseigné sur le sujet.

Officiellement, elle serait née le jeudi 25 mai 1961 (c'est précis), jour de la sainte Sophie. D'où son nom. Heureusement qu'elle n'est pas née le 16 janvier, c'était la saint Marcel. Et le fameux monsieur Girafe s'appelerait en réalité Monsieur Rampeau. C'est moins funky. La légende ne précise pas son p'tit nom. Il aurait été « spécialiste du roto-moulage du latex », ce qui est aussi moins romantique que « camelopardalissophile ». Et c'est parce qu'il préférait la savane aux animaux de la ferme, trop commun dans les jouets d'enfants qu'il aurait choisi cet animal au long cou. Enfin, c'est ce que dit la notice de la boite des Sophie girafes qui se vendent aujourd'hui. Le petit commerce s'arrange souvent avec la réalité. Et c'est sûr que mon histoire d'ivrogne, pour séduire les jeunes mamans...

 

C'est dingue tous les sites et blogs qui existent sur les girafes et sur les girafes Sophie en particulier.

Y'a vraiment de grands malades...

Une page sur les girafes 

Un blog qui évoque les girafes

Un mec qui a fait les (vrais) calculs de girafes et en a fait un docu pour Arte (lui !).

Je suis tombé sur son descriptif dans Wikipédia : « La girafe (Giraffa camelopardalis) est une espèce de mammifère ongulé artiodactyle et ruminant, originaire des savanes africaines et répandue du Tchad jusqu'en Afrique du Sud. Les Grecs pensaient que la girafe résultait de l'union du chameau et du léopard. (d'où le terme de camelopardalis.). Le mot girafe vient de l'arabe زرافة zarāfah signifiant charmante. »

Pourtant, chez nous, « girafe » n'est pas vraiment un compliment...

Remarque, c'est normal que ça tourne à l'obsession. Regarde : la semaine dernière, je te parlais des girafes qui font « pouic-pouic », et cette semaine, je reçois un courrier d'une grande société de vente par correspondance qui me propose de me vendre...toute une gamme de jouets, ustensiles, vêtements à l'effigie de la girafe en latex.

Il serait pas aussi un peu vaudou, monsieur Girafe/Rampeau/Pouic ?

 

Ah, et puis je ne t'ai pas dit. Ce qui est dingue, dans la girafe Sophie, c'est qu'à la différence des autres jouets en plastique qui fonctionnent sur un mode « binaire »: neuf / cassé, la girafe Sophie, elle, elle vieillit ! C'est à dire qu'elle se transforme au fil du temps.

Prends en une neuve et une vieille. Mets les à côté comme sur l'image ci-contre. Pas de trucage, j'ai pris les deux girafes sur la même photo dans les mêmes conditions d'éclairage. Tu remarqueras que la neuve est éclatante de couleur et de blancheur tandis que la vieille est devenue grise et délavée.

Mais surtout : la vieille girafe est PLUS PETITE que celle qui vient juste d'être démoulée, peinte et emballée ! Avec le temps, la peinture (non toxique, j'imagine) de son pelage s'efface peu à peu, prend la couleur de tout ce qu'elle touche (poussière, bave, terre, moquette, morve, etc., gris donc) et le latex (100 % naturel parait-il) qui la compose se contracte en se desséchant. D'où sa diminution de taille.

Encore une caractéristique qui la rend proche de nous. Même si les enfants (à part Benjamin Button, bien sûr) grandissent, eux, au lieu de rapetisser.


La girafe Sophie aurait-elle une âme ?

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure - Communauté : over-blog
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 00:56
Certains aliments me semblent parfois être autre chose que de simples aliments. Je me rappelle par exemple avec nostalgie cette époque où l'on ne prenait encore les fruits que pour des fruits.

Passons sur cette antédiluvienne histoire de pomme et de serpent. Je veux parler de l'époque d'avant la campagne « mangez mieux, bougez plus ».

Qu'est ce qu'un fruit désormais sinon un point à gagner sur le contrat quotidien de la mission « 5 fruits et légumes par jour » ? Manger un fruit, dans notre nouvel inconscient collectif hygiéniste, ça fait autant plaisir que d'arrêter de fumer ou de ramasser les crottes de son chien dans la rue. Un truc qu'il faut faire coûte que coûte pour être un bon citoyen et, en l'occurence, rester en bonne santé pour moins coûter à la sécu. Et attention, il ne s'agit pas de tricher avec sa conscience : manger 4 fois des frites, ça compte pas. Et le Coca-Cola n'est pas un jus de fruit.

J'ai lu, avant d'oublier (heureusement) où, que certains américains, gavés de produits agroalimentaires additivés, survitaminés, appauvris en ci, enrichis en ça, considéraient que les fruits n'étaient en fin de compte qu' «une pauvre source d'eau, de sucre et de vitamines». Forcément. Un fruit, c'est moins concentré que tout ce qu'on peux trouver d'autres dans les supermarkets US. C'est très mal protégé, sans emballage ni date de péremption, impossible à conserver. Un produit brut, en vrac. Autant dire un truc de cro-magnons arboricoles.

Et pourtant, souviens-toi de l'époque bénie (souvent associée à l'enfance, vas savoir pourquoi, hein ?) où tu ne mangeais des fruits que pour le plaisir de mordre dans cette peau craquante, rugueuse ou soyeuse, de ressentir cette fraîcheur acide et sucrée, d'apprécier ce fondant sous la langue et te gorger de ce jus si parfumé. Sans parler du bonheur d'éjecter directement avec la bouche pépins et noyaux à même la pelouse ou la fenêtre, joies simples qui, curieusement, n'ont pas encore été interdites. J'attends quand même la campagne : « Jetez plus, crachez moins » du ministère des fenêtres ouvertes et des pelouses publiques.

Maintenant, quand on mange un fruit, on ne peut s'empêcher de calculer mentalement sa valeur nutritive : une pomme égale 51 kcalories, 11,5 g de glucides, 0,3 g de protéïnes et de lipides, 15 mg de phosphore. Une banane, c'est 71 kcalories, 21,8 g de glucides, 1,1 g de protéïnes, 0,3 g de lipides, 435 mg de potassium, 32 mg de magnésium...
On ne mange plus, on emmagasine sa « dose quotidienne de nutriments recommandés ». Comme les américains finalement. Alors, pourquoi ne pas la prendre sous forme de pilules ? Ou de soda, de barre énergétique, de chewing-gum ? Pourquoi pas un patch aux vitamines, tiens ? ou un shampoing qui nourrirait en même temps les cheveux et le reste du corps ? Un shampoing aux corn-flakes, ça peut te faire facilement gagner 20 minutes chaque matin, non ?

Ce que j'aime surtout, dans les fruits à la différence des shampoings ou des chewing-gums, c'est qu'ils rythment les saisons. Il y a la saison des pommes et des oranges puis celle des premières fraises, des melons (avec l'incertitude d'avant la première bouchée puis la nécessaire confirmation du « ah ! il est bon, çuilà »), le temps des cerises, puis des pêches. Arrivent ensuite les raisins et les poires, enfin les lychees pour Noël et à nouveau les pommes et les oranges...

Si tu as la chance d'avoir un ami avec un grand jardin, il te portera un peu de sa production. « De toutes façons, on en a trop. On mangera pas tout ». C'est rare, aujourd'hui d'entendre ça ailleurs : « Prenez, de toutes façons, on ne mangera pas tout... ». (Remarque, les amis avec de grands jardins aussi...).

Et j'aime surtout bien, l'idée de donner un fruit à un ami. Un fruit, c'est comme un gage de bonne santé. C'est une façon de prendre soin de lui. De lui dire « tiens, porte toi bien ».

Les américains disent justement « take care » ("prends soin de toi") en quittant leurs amis. Une façon de leur dire gentiment qu'ils tiennent à eux. Puis, ils retournent manger n'importe quoi.


P.S. : Et maintenant, ce sont les shampoings qui nous disent "prends soin de toi". Vous verrez qu'on finira par l'avoir, notre shampoing nutritif aux corn-flakes.
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : La vie sociale d'Alphonse B. - Communauté : Petits bonheurs
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 11:20

Carglass ® répare les pare-brises mais nous les casse un peu quand même...

Il y avait déjà les publicités « tranche de vie «  (de merde ?) qu'on entendait 20 fois par minute à la radio.

Je résume pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir la radio : un mec au fort accent parigot prétendument « chef du centre » Carglass de Vitrolles ( Et vé, môssieur le grand directeur de la communication de chez Carglass, on voit bien que t'es pas de Vitrolles, toi ! ) nous expliquait qu'on était aussi con que madame Michu qui faisait rien qu'à rouler sur les dos d'âne et à avoir je ne sais pas quoi de la taille d'une pièce de 5 francs (anciens). Comme elle pensait à rien, cette gourde, elle avait pas vu l'« impak' sur son par'brise ». « Et crrrrack ! ». Tout cassé, le pare-brise.

A la fin de chacune de ces brillantes démonstrations qui faisaient froid dans le dos (de madame Michu, forcément, à cause des courants d'air), on se disait qu'on ne savait plus exactement quelle était la taille d'une pièce de 5 francs anciens. Mais qu'on aimerait bien pouvoir gifler un peu ce mec suffisant qui se permettait de parler à madame Michu sur ce ton. Ou au minimum lui faire traverser le pare-brise de la voiture, juste pour qu'il se taise (« Et Crrrrrack ! », quitte à changer le pare-brise...). Et puis, chaque fois, le feu redevenait vert et on pensait (heureusement) à autre chose.

Seulement voilà. Le marketing étant ce qu'il est (le marketing donc), le grand marabout d'une sombre officine d'étude et de conseils a du convaincre, moyennant fortes finances, Jean-Pierre Careglasse, le PDG fondateur de l'usine à transformer les « crrrrracks» en euros nouveaux, d'agrandir sa couverture médiatique "telle la fissure aux passages simultanés d'un dos d'âne et d'un chaud / froid ». « La tévé, y'a pas mieux ! » aurait-il même proclamé. Car les experts en communication ont le sens de la formule.

Et voilà pourquoi désormais, à l'heure des Feux de l'Amour et de l'inspecteur Derrick, on se tape du « Carglass remplace » entre deux beaux films panégériques du monte-escalier sans effort (avec siège en cuir en option) et de la fameuse couche Téna qui libère le vieillard motocycliste, mais pas son pipi.

Je suspecte l'ancien bourreau de Madame Denise (mais si, souvenez-vous : « elle est entart'é, votre machine, Madame Denise ») de s'être reconverti dans la vitrerie automobile. Et de revenir harceler la pauvre dame qui avait pourtant refait sa vie et changé de nom pour échapper à son agresseur. Peine perdue.

Le FBI ne protège pas les « témoins » de films publicitaires (« testimoniaux »). Et il faut croire que de nombreux serial emmerdeurs de la réclame courent toujours.

Il n'y aurait pas un nouveau super produit hyper efficace contre ces gens là ?

Remarque, maintenant, on connait son (nouveau) visage à Monsieur Calgon/Carglass.

Reste plus qu'à lancer un avis de recherche.

 

Quelques parodies intéressantes :

Les impacts qui font "crack" selon Steven Seagal

Le pare-brise made in Portugal

Et la madame Denise new look de 2006.

Notez le "quand on a une belle machine comme ça" à la limite du harcèlement sexuel...

 

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Alphonse n'est pas content
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