Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:49
Te raconterais-je ma vie que je te parlerais de ce matin de mai où je me réveillais dans une maison posée sur le sable d'une plage du Pacifique que l'on nomme Malibu. Un ami gentil et nanti dont le grand père avait eu le bon goût de faire fortune dans la télé d'Oregon, m'y avait convié pour partager avec d'autres parasites sa oisive existence californienne.

Or donc, le crâne endolori par le blanc californien trop boisé et la Bud light trop tiède, je me levais dans le salon (saloon ?) au moment où l'un des protagonistes de la soirée précédente entrait dans la maison. Tel un vitrail de cathédrale, je revois son profil massif de batteur à succès se dessiner dans l'encadrement de porte, auréolé par la lumière du matin.

La tradition française veut que l'invité matinal amène les croissants frais (donc chaud) aux convives survivants de la soirée de la veille. Faute de cette inimitable inertie historique, l'Américain, toujours pratique, a remplacé, dans sa propre culture, le croissant au beurre par le muffin au quelque-chose. Pour les plus frileux de nos ressortissants qui n'ont pas eu la chance de faire connaître l'étendue de notre vaste culture Européenne aux étrangers Américains vivant chez eux, le muffin est une sorte de cake levé, cuit dans un moule individuel en papier et agrémenté de fruits, de confiseries ou de tout ce qu'on veut d'autre, pourvu que ce soit coloré et extrêmement sucré.

Brandissant un sac maculé de tâches de gras, sourire Pepsodent® aux lèvres, l'ami musicien survivant nous indiquait à sa façon que l'heure du petit déjeuner avait sonné. Il était temps pour nous d'absorber le trouble jus de chaussette que les habitants de son fier pays tentent de faire passer pour du café en le mélangeant à volonté avec du lait, de la crème et beaucoup de sucre pour en masquer le goût. Tel fut fait et nous ingurgitâmes de bon coeur les 7000 calories que chaque citoyen US se doit de manger avant le début de toute journée.

Quoiqu'on en dise, le lipide Américain n'a pas la subtilité du noble gras Européen. Impossible de comparer la croustillante et fondante morsure d'un croissant au beurre sorti du four à l'écoeurante sensation molle, grasse et saturée en sucre d'une bouffffée de muuuchhhhin, pardon, d'une bouchée de muffin.

Avec tout le respect que je dois aux Américains, à qui nous devons quand même le 11 septembre et les nuggets de poulet sauce barbecue, je dois dire que la sensation gustative de la «cuisine » populaire de leur grand pays se limite assez souvent à une variation gras/sucre dont l'intensité sur l'échelle de Richter semble sans borne.

Pourtant, au delà de l'éprouvante expérience de sa consommation, me reste, de cette improbable pâtisserie, un nom. Ce nom qui excita ma gourmandise et résonne aujourd'hui encore dans mon esprit comme un cadeau : « Glorious Morning ».

S'il est en un domaine dans lequel nous n'arriverons jamais à la basket de nos frères américains, c'est bien celui du marketing.

Et 2000 ans de plus de « glorieux matins » européens n'y changeront rien.

(D'ailleurs, si « breakfast » est la traduction littérale de « déjeuner ». Le pays de la Cadillac n'a pas la mesquinerie de  rajouter « petit » devant. Remarque, on comprend pourquoi.)

 

Les méfaits du muffin :

http://regretfulmorning.com/2009/01/analyzing-the-muffin-top/

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : La vie sociale d'Alphonse B.
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 09:37

Je t'ai parlé hier de l'inventeur de la girafe à mâcher qui fait "pouic-pouic".

Si l'on faisait le calcul des ventes de ce chewing-gum animalier depuis son origine, ça donnerait:

2009 moins 1961 soit 48 ans multiplié par environ 80% de l'ensemble des enfants de France nés depuis 1967, fois le prix unitaire TTC de l'objet : 9,99 euros aujourd'hui, additionné des ventes des autres pays du monde où est vendu aussi le jouet ... égale une bonne rentabilisation du moule, du latex et de la peinture orange qui se mange, non ?

Je l'imagine, Monsieur Sophie, bedonnant rentier sur son yacht immense des Bahamas, caressant du bout de ses doigts usés par le travail du caoutchouc, la croupe affriolante de créatures lascives et alanguies (mais surtout, sans silicone !), en sirotant un cocktail forcément exotique...

Et ben non ! N'écoutant que les sirènes (mi femme, mi-poisson, mi-démon) du marketing, il a préféré « diversifier », « développer », « optimiser », « élargir la gamme», « couvrir tout l'univers du bébé » etc.

Il existe désormais des tee-shirts Sophie, des peluches Sophie, des cubes Sophie, des tasses Sophie, des fouchettes Sophie, des serviettes Sophie...et même des hochets Sophie, en PLASTIQUE, sacrilège ! et qui font donc « ploc » au lieu de faire « pouic »... Argh !

...et Monsieur Sophie est « Directeur Général ». A Rumilly en Haute-Savoie. Bien fait pour lui ! au lieu de se la couler douce pour le restant de ses jours, entouré d'îles, de mer et de créatures de rêve...

En fait, cette histoire n'est pas tout à fait exacte. Car le papa de Sophie n'est pas un homme mais une entreprise (tout est dit...). Et l'ouvrier qui a « collaboré » à l'élaboration du moule Sophie est certainement, depuis, parti à la retraite avec une belle montre à quartz, une poignée de main et un pot de départ émouvant. A moins qu'un plan social de crise ou une maladie professionnelle liée au caoutchouc (ça existe, ça ?) n'ait eu raison de lui auparavant...

Saluons néanmoins cette belle société qui nous fait quand même rêver depuis des lustres avec sa girafe.

"Pouic pouic !"

http://www.vulli.fr/

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 08:10

J'aimerai bien être le type qui a inventé le moule de la girafe Sophie en caoutchouc. Tu sais, le hochet pour enfant avec un sourire idiot, une tête de dinosaure, des pattes de percheron, des pieds de rhinocéros, des oreilles d'âne, un corps de biche, des tâches de léopard, des cornes d'extraterrestre...et un cou de girafe (quand même).

Impossible de croiser un enfant de 6 mois (neveu, cousin, voisin, gnome hurleur de supermarché...) sans sa girafe collée au bec. Depuis 1961, date de mise sur le marché de ce jouet ridicule, tout ce qui a été enfant un jour a eu une girafe. Donc toi, moi, ton copain qui fait honte, ton oncle Lucien, la boulangère, l'enfoiré en 4x4 qui a failli t'écraser tout à l'heure sur le passage clouté, le chauffeur du bus, madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique auprès du Premier ministre, bref tout le monde.

Incroyable de penser que les lois de l'évolution et de la sélection naturelle qui sévissent aussi dans le marketing pour enfant aient pu à ce point privilégier cet ONVI (Objet Non Volant Identifié quoique je devrais dire « un peu » volant quand même) mi-équidé, mi-félin, mi-cervidé, mi-pachyderme, mi-alien.

Jamais, en voyant ce truc sur un présentoir, je n'aurai l'idée, spontanément, de l'acheter. Qui peut bien vouloir offrir à ses enfants un animal jouet aussi éloigné de la réalité ?

Il devait pas mal picoler, Monsieur Sophie, quand il a inventé sa « girafe ».

Soit il en voulait au règne animal:

- Tu vas voir ce que j'en fais, moi, du monde merveilleux des animaux ! 

Soit, au contraire, il était indécis quant à ses préférences animalières :

-  Je vais faire une biche, c'est mignon, une biche. Nan, un léopard, c'est trop beau. Ou un dinosaure, c'est marrant, les dinosaures. N'empêche qu'un âne, c'est sympa. Oui mais un percheron, c'est gentil. Un rhinocéros, ça assure. A moins que je ne fasse un extra-terrestre ?

Sur ce, il a du s'endormir sur son établi.

- Ah c'est malin, a dit sa femme qui l'a réveillé le nez dans ses copeaux de latex, tu as laissé fondre le caoutchouc. Ca lui fait un cou de girafe, à ta super invention !

A quoi tient le succès.

Il faut avoir vu, justement l'invention de Monsieur Sophie entre des petites mains malhabiles et potelées. Car dans la girafe (de Monsieur Sophie) tout est bon, (aussi), même si ça rime moins bien qu'avec cochon...ou alouette : et les oreilles et les antennes et les pattes et le museau et le cou et la tête. Ah ah ! Donne un autre jouet à un bambin, il le suçotera un peu par politesse et puis hop ! par dessus bord. Mais la girafe, c'est autre chose. Des heures et des heures de mâchouillage.

Pourquoi ? C'est pas son goût, j'ai testé. C'est vaguement salé; certainement plus à cause de ce qu'elle ramasse que de sa composition secrète originale.

Alors quoi ?

Sa texture surement ! Sa peau de caoutchouc un peu rugueuse et douce à la fois. Ajoutée à la bave de nourrisson, elle crise sous la dent (pardon la gencive) dans un couïnement (sans doute) délicieux (pas de bambinomorphisme, je vous pris). Et ce petit sifflet dans le prolongement du cou qui fait ces si jolis petits « couics » dès qu'on en mord un bout...

Rien que pour la joie de contempler un enfant mordiller avec délectation ce hochet incroyable, je dis merci Monsieur Sophie !

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 10:21

J'aime bien les repas d'été. On y échange souvent des idées rigolotes que nos cerveaux compressés par le boulot et les inconvénients de la vie moderne censurent le reste du temps. On retrouve aussi, hélas, les poncifs éculés des conversations mondaines de l'hiver. Celle sur le tofu en fait partie.

Cela arrive toujours au moment où le pote aux doigts brulés pose sur la table le plateau des grillades mi-crues mi-calcinées. Une fille avec un bandeau dans les cheveux, un tee-shirt en batik, un sarouel qui poche au cul, un piercing sur le nez ou les quatre à la fois braille alors:

- L'autre jour, j'ai fait un de ces tofus au [suit ici le nom de l'ingrédient miracle qui fait justement tout le miracle]. C'était MER-VE-ILLEUX !

Je ne sais pas pourquoi, chez les filles à bandeau bariolé, « merveilleux » se dit toujours en trois interjections.

Moi, je suis curieux. Surtout de connaître les choses merveilleuses. Et j'ai beau savoir apprécier avec modération, il arrive, en fin de  repas d'été, que le gentil rosé de Provence ou d'ailleurs, me rende l'humeur badine. Et quoi de meilleur (merveilleux ?) que de badiner alors la fille à bandeau bariolé (ou tee-shirt batik ou sarouel qui poche au cul ou piercing au nez, donc...).

- Du "Trop Fou" ? c'est quoi ? je dis, un champignon ?

- Nan, c'est de la pâââââte de soooojââââaâ. Un truc indien suuuupeeeer ! elle réponds.

- Japonais, lance en général une fille au visage rouge au bout de la table. Elle n'est là que pour deux jours et a donc forcé sur l'exposition pour être cramée bronzée en rentrant au bureau. Elle a du aller une fois à Tokyo au salon de la cosmétique industrielle et pense, depuis, avoir cerné totalement la civilisation japonaise. Elle le fait savoir.

- Chinois, précise alors son mec qui s'en fout mais n'aime pas qu'on dise n'importe quoi.

- Ah !, je dis, pour relancer la conversation et ne pas casser l'ambiance. Mais c'est quoi ?

- C'est une sooorte de pâââââte blaaaaanche comme de la féta sauf que ça a pas le goût de la féta.

J'ai remarqué qu'au cours de ces essentiels débats, on dit toujours « ce à quoi n'a pas goût le Tofu » (pas goût de fromage, pas goût de lait, pas goût de champignon, pas goût d'oeuf, pas goût de surimi, pas goût de soja...) mais jamais quelle en est sa saveur réelle. Celle-ci est, je le tiens d'une amie japonaise digne de confiance, absolument insipide si ce n'est un léger goût terreux si on le goûte cru.

Alors la fille au bandeau reprend :

- On peut le faire revenir à la poêle comme un steak ou au four comme un gratin.

- Mais ça a quel goût ?

- Si tu le cuisines avec des mangues et du curry, ça aura le goût de mangues au curry. Si tu le cuisines avec de la sauce soja et des oignons, ça aura le goût d'oignons au soja. C'est très bon !

- Ben, pourquoi tu ne manges pas directement de la mangue au curry et des oignons au soja alors ?

- Tu ne comprends pas. Le tofu, c'est plein de protéïnes. Ca remplace la viande ou les oeufs. C'est hyper sain.

- T'as qu'à manger du steak aux oignons ou une omelette au curry, alors...

En général, c'est le moment où j'assume mon karma de « copain qui fait honte ». Sous le regard réprobateur de mes vieux potes, je replonge dans mes méditations et mon verre de rosé.

J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi des gens, a priori cultivés mais pas végétariens, s'ingéniaient, 3 fois par an, à cuisiner un aliment insipide, sans odeur et sans couleur avec les condiments les plus fantaisistes juste pour bénéficier d'un « apport (momentané) en protéïnes végétales », protéïnes qu'ils auraient de toute façon récupérées le repas suivant sous forme de steack, laitage, poisson ou autre.

J'ai fini par en déduire que le tofu n'était pas un aliment mais une discipline alimentaire. « Jakadi a dit que ta mission, si tu l'acceptes, sera de rendre ce bloc carré, tout blanc, sans consistance ni saveur en truc mangeable". Si tu la réussis, tu pourras t'en vanter en société. Comme pour la cérémonie du thé des amateurs de pyjama ou la corrida des aficionados de la daube de taureau en plein air.

Pas étonnant que cette  pratique vienne de Chine et du Japon, pays qui, comme l'Angletterre, ont la manie de codifier toutes leurs pratiques, certes millénaires, pour les transformer en art.  Pendant que l'Anglais, lui, (n')en a fait (que) des sports. (Il faut dire que pour lui, la bouffe...).

Je doute que le tofu ne devienne un jour discipline olympique. Il reste, cependant, une valeur sûre dans l'art de la conversation.

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : La vie sociale d'Alphonse B.
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 08:50
Peut-être en as-tu dans ton entourage ou peut-être en es-tu toi-même un, d'« ami qui fait honte » ?

Un « ami qui fait honte », c'est quelqu'un que tu as croisé dans une période importante de ta vie ou qui a partagé un moment fort de ton existence : maternelle, école primaire, colo, lycée, activité sportive ou culturelle, fac, boulot... A cette occasion, faute de mieux, tu t'es lié d'amitié avec lui au point de vous considérer mutuellement depuis comme « amis ».

 

Il faut noter que d'anciennes périodes d'oisiveté et d'inconfort intellectuel, de nos jours moins répandue comme le service militaire ou la pension étaient de grandes pourvoyeuses « d'amis qui font honte ».

A la fidélité inconditionnelle que tu accordes à cette amitié, en souvenir de ce « bon vieux temps », s'oppose le changement radical de ta vie d'aujourd'hui, par choix, nécessité ou simplement saine évolution personnelle. Or, le plus souvent, le « copain qui fait honte » est resté bloqué à ladite période précédente d'insouciance, d'égarement ou de recherche de soi. Ou a évolué dans une direction, disons sobrement « différente » de la tienne, au point de basculer dans le « côté obscur de la force ». Et c'est là que le problème se pose.

Car si tu tiens par dessus tout à rester fidèle à tes anciennes amitiés, tu évolues désormais dans un cercle social aux codes et conduites en décalage total avec ton « ancien p'tit pote ». Tenue vestimentaire, comportement, centres d'intérêts, valeurs, conversation, façon même de s'exprimer, sois certain que ton « vieil ami » détonnera quoi qu'il arrive de la bande de pote dont tu avais mis si longtemps à te faire accepter.

Disserterez-vous sur la dimension mystique de l'Inde, ton « copain qui fait honte » en vantera les vertus...« laxatives ». Parlez-vous de Kurt Cobain, il le comparera à Schubert ou Beethoven. A tes amis végétariens, il clamera sa passion pour la corrida. A tes collègues de bureau, il contera en détail ta première cuite ou tes errances amoureuses. A ta nana, il parlera de ton ex et confiera « pour t'aider » à tes parents tes problèmes financiers. Si tu l'invites à une rave sauvage en pleine cambrousse, tu peux être sûr qu'il y débarquera dans sa Mini en chemisette oxford, mocassins à glands et pull jacquard sur les épaules. Retrouve tes potes locaux sur ton spot préféré, il se pointera avec un Morey flambant neuf, un tee-shirt trop mode...et son vilain accent parigot. Dans un grand restaurant, en revanche, c'est en espadrilles et pull démaillé qu'il te foutra la honte. Inutile de l'emmener dans ton bar favori, le physio. le laissera, de toutes façons, dehors... C'est ça, les copains qui font honte.

Sans compter que lorsque la conversation tombera, il ne se fera pas prier pour régaler l'assistance d'une croustillante anecdote te mettant en scène, il y a quelques années, dans une situation loin d'être à ton avantage (et que tu avais réussi jusque là à cacher). T'ayant connu « tout p'tit », il n'a cure que tu sois désormais directeur d'une usine atomique, juge d'application des peines, champion du monde de snowboard, amiral ou évêque de Chartres. Pour lui, tu seras toujours le petit « Roro » qui avait fait caca dans sa culotte, une fois, il y a exactement 22 ans...

Le summum de « l'ami qui fait honte » est peut-être celui dont tu es le plus fan. Tellement fier de cette brillante amitié, que tu ne te rends pas compte du vide sidéral qui s'installe entre tes autres amis et vous lorsque vous vous prenez à ressasser vos éternelles histoires d'anciens combattants. Ta copine, tes meilleurs amis, tes parents, personne ne peut voir en peinture ce mec avec lequel tu as un mode de communication si hermétique. Et pourtant, pour toi, c'est ton pote.

Car cet individu est une partie de toi que tu ne peux, sans te renier toi-même, isoler du reste de ta vie sociale. D'où la présence incontournable de ces inoxydables « copains qui font honte » aux différentes manifestations amicales auxquelles tu assistes. Il arrive d'ailleurs parfois qu'au cours de l'une de ces rencontres, les « copains qui font honte » des uns deviennent les très bons amis des « copains qui font honte » des autres. Il ne faut pas, alors, s'étonner de devenir à son tour le « copain qui fait honte »...

 

P.S. : Un des dérivés du « copain qui fait honte » est le « cousin qui fait honte » qui reprend, à bien y réfléchir, la plupart des caractéristiques décrites plus haut. De là à le généraliser à toute la famille...cela est une autre histoire.

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : La vie sociale d'Alphonse B.
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 09:21
Cavalière introduction certes (quoique le zèbre ne se monte pas).
Je te dois quelques explications. Afin de donner un sens caché à mes billets, j'ai décidé de commencer chaque intro de billet par les lettres successives de l'alphabet. Pour corser un peu et rendre un hommage appuyé (héhéhé) à mon clavier d'ordinateur, j'ai opté pour l'ordre « azertyuiopique ». Pour le « A », c'était facile (et tu n'y as vu que du feu). En revanche, continuer avec « Z » n'était pas une mince affaire. Ouais, je sais, y'avait aussi zouave ou zoulou mais c'était (encore plus) difficile à placer.

L'effet boeuf ?
Sur internet a circulé un moment un powerpoint rigolo expliquant, selon la bonne vieille mécanique du maraboutd'ficelle, que les dimensions actuelles de la navette spatiale américaine était dues à la taille des culs des boeufs qui, au Moyen-Age, tiraient les charrettes. Par une réaction en chaîne, cela aurait conduit à dimensioner le vaisseau américain selon les proportions des postérieurs de ces placides animaux. Je t'épargne le raisonnement alambiqué pour en venir à cette conclusion mais j'aime bien l'idée qu'une somme de petits riens puisse aboutir à un grand tout. L'effet papillon appliqué à la chose historique, en quelque sorte.

Invention de presse tiges
Savais-tu, par exemple, que la disposition des touches de ton clavier qu'il soit francophone ou anglophone (« AZERTY » ou « QWERTY ») correspondait à une hiérarchisation des lettres en fonction de leur fréquence d'utilisation dans la langue française ou anglaise. Car si cela peut paraître préhistorique à l'heure du tirage laser, les premières machines à écrire dont les touches des claviers étaient ordonnées selon l'ordre alphabétique, fonctionnaient avec un système de "tiges" : lorsque l'opérateur frappait une touche, la tige correspondante était actionnée et venait imprimer l'encre sur le papier. Malheureusement, plus on frappait vite, plus les tiges voisines avaient tendance à se superposer et à bloquer le mécanisme. L'américain Christopher Sholes eut donc l'idée d'éloigner les unes des autres les lettres les plus courantes de la langue anglaise, de telle sorte que l'on puisse toujours taper aussi vite sans que les tiges ne s'emmêlent. Après une étude statistique, il mit au point le clavier QWERTY en 1872. Le clavier AZERTY n'en est quant à lui qu'un pâle dérivé adapté à la langue française.

Dvorak go !
Si d'autres dispositions de touches furent essayées (dont celle de M. Dvorak datant de 1932 cf. clavier ci-contre), aucune ne pu supplanter celle de Scholes. A l'heure où l'ordinateur gère lui-même l'ensemble des flux d'information, on peut se poser la question de la pertinence d'une telle configuration de clavier. Des claviers aux formes ergonomiques ont depuis vu le jour. Mais aucun produit grand public n'a jusqu'à présent remis en question cet ordre établi, fruit de l'histoire de la machine à écrire...et de nos habitudes.

Certains consultants informatiques -belges, certes- incitent néanmoins sur internet à l'utilisation du clavier « DVORAK -FR» dont la disposition « illisible » des lettres permettrait pourtant avec 8 touches seulement d'écrire 57 % du texte -contre 22 % pour l'AZERTY. De là à conclure qu'en matière de clavier, « un non AZERTY en vaut deux »...
link

Le premier texte de l'Internet a 99 ans !
Le premier mail jamais envoyé a été réalisé en 1971 par Ray Tomlinson, l'ingénieur qui travailla sur la conception d'Arpanet, l'ancêtre d'Internet. Cherchant à faire communiquer deux ordinateurs entre eux, il aurait rédigé un message du style « QWERTYUIOP » avant de le faire transiter avec succès par les circuits de ses machines. Ray Tomlinson n'a pas forcé sur les formules de politesse puisqu'il s'envoyait le message à lui-même (et puis la Nétiquette restait à inventer).
Mais à 99 ans d'intervalle, on peut considérer que Christopher Sholes est le véritable auteur du premier mail de l'histoire !
                                                                         En parlant de ces petits riens...
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 14:54
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 14:52
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 14:16

J'ai appris, il y a peu, que ce que je vénérais, dans mon panthéon personnel, comme un monument mondial du jouet avait failli disparaître brutalement, ni vu ni connu.
Ca m'a fait quelque chose.
Pour moi, l'entreprise qui l'avait inventé était aussi incontournable, que, disons, Michaël Jackson ou le World Trade Center.
Mauvais exemples.

Pourtant, quel enfant digne de ce nom résisterait à la tentation de saisir une poignée de ces petites briques de plastique coloré, pour les assembler en maison, voiture, vaisseau spatial, château fort, animal ou même en forme de trucs qui ressemblent à rien mais qui sont très beaux ?

Qui n'a jamais savouré le bruit merveilleux d'une poignée de ces éléments cascadant sur le tapis du salon ou la moquette de sa chambre ?

Qui n'a jamais médité devant la fascinante composition d'un mur bariolé de ces briques multicolores ?

Certes, l'époque est plutôt au virtuel: jeux vidéo ou gadgets électroniques. Un truc réel, dur, en vrac, ça n'intéresse plus personne. Et puis, l'important, c'est le « produit dérivé » qui reprend les formes et les couleurs des choses (stimuli) déjà reçues dans les perfusions précédentes (voir plus bas). « Dérivé » est donc bien le mot quoique "dévié" serait plus approprié.

J'entends bien la plainte inconsciente de tous les braillard d'aujourd'hui, perfusés qu'ils sont aux programmes jeunesse dès 7h00 du mat', aux dvd « pour laisser tranquille papa et mamand pendant deux heures, hein ? », aux consoles "effort proof" et autres pubs vantant (vendant !) de jolis produits rigolos, gras et sucrés à consommer surtout  « avec modération », pardon, « en mangeant moins mais bougeant plus » :

«  Ton truc, c'est le bazar. Si on veut jouer avec, faut d'abord passer deux heures à le construire »

« En plus, le truc à la fin, il ressemble à rien et surtout pas au vrai vaisseau spatial de Nick Lamor qu'on a vu à la tévé et qu'on peut avoir tout prêt pour 89,99 euros seulement (« prix maximum conseillé, les personnages et décors étant vendus séparément. L'entreprise décline toute responsabilité au cas probable où votre enfant ne jouerait JAMAIS avec ce couteux jouet après l'avoir frénétiquement sorti de son emballage ») »

« Et quand on a fini de jouer, faut encore ranger. Alors qu'avec ma console, j'éteins juste et c'est terminé... »

Certes, mes chers petits, certes. Sans compter la tendance hygiéniste de ces derniers temps qui effraie vos mères et les poussera tôt ou tard à bannir à grands cris ce maudit jouet lorsqu'une incontestable étude américaine démontrera qu'un sac « usagé » de Lego pourrait contenir plusieurs milliards de bactéries copieusement nourries des restes de goûter, ongles de doigts de main ou de pieds rongés, crottes de nez, cheveux arrachés, bave, sable, vomi, poussière, j'en passe et des meilleurs. A la poubelle, le jeu préhistorique dégoutant !

D'autant que ce divertissement d'un autre âge (de pierre ?) est en matière plastique (oui UN PRODUIT DERIVE DU PETROLE, quoi. Ressource fossile, évidemment !) et non en bois (des forêts « raisonnées » suédoises) ou au minimum en amidon de maïs biodégradable. Un vrai scandale !

Et puis y'a la vision du père, rentrant tardivement, fourbu, du boulot (cliché d'un autre temps, sans doute, mais y'en a peut-être encore). Empli d'un émouvant amour paternel, il pénètre dans la petite chambre plongée dans l'obscurité pour embrasser sa chère petite tête blonde paisiblement endormie... (pareil pour "blonde", tu mets ce que tu veux).

Marcher pieds nus sur une seule de ces diaboliques briques, ça calme direct l'affection paternelle. Au point de la transformer en pulsions sanguinaires incitant les géniteurs à réveiller leurs satanés marmots à coup de taloche pour les inviter vigoureusement à ranger leur chambre illico !

Au delà de l'évolution des moeurs et des tendances, c'est souvent de petits riens comme ceux là qui nuisent gravement à l'avenir des jouets qui font bouger plus...

Paradoxalement, c'est le virtuel qui a sauvé la marque. Les jeux vidéos et les produits dérivés ont sauvé LEGO de la faillite. Et la mode des années 80 aussi. Car qu'est ce qui ressemble le plus à une brique qu'un pixel ?
(Juste ?) retour des choses, les films d'animation qui utilisent/célèbrent les lego sont désormais légions sur le net.

Une autre brique dans le mur ?

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Toute cette magie qui nous entoure
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 19:20
Ca y est, il est en ligne, le blog perso d'Alphonse Boudabard.

Depuis le temps qu'on m'en parlait de ce coin perso : "Alors, tu le lances quand, ton blog à toi ?".
Très bonne question, les amis. Je vous remercie de me l'avoir posée...si souvent.

Et c'est vrai qu'à force de donner mon avis de ci de là sur le net, j'étais moi aussi taraudé par l'idée de disposer de mon propre espace. Non que ce ne fut pas le cas lors de mes différentes collaborations. La confiance qui m'est accordée chaque fois est  totale et j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à faire ce que je voulais. Mais chacune de mes prises de parole intervient dans un contexte précis, sur une thématique donnée de laquelle je ne peux pas (trop) dévier. Même si, évidement, ne pouvant jamais prendre la ligne droite, j'ai souvent digressé...en me mordant les doigts quand même pour garder la ligne éditoriale que je m'étais fixée; en me disant qu'un jour, je pourrais, peut-être, laisser divaguer à loisir mon imagination.

Ce grand jour est donc venu. Le voici, le petit chez moi où je vais pouvoir te parler de tout ce que j'ai en tête, mes avis, mes humeurs, mes emmerdes comme dirait little big Charles avec la seule ambition de te (me) distraire  un peu.

Certes, ça sent encore la peinture fraîche et l'enduit pas sec mais l'essentiel des meubles est là. On est enfin dans nos murs. On est peut-être à l'étroit mais j'ai préféré commencer petit. On fera des travaux, par la suite, si on a besoin de place.

Et ça fait fichtrement plaisir de voir son nom sur la boite aux lettres !

AlphonseBoudaBloG. Ca sonne bien.

Alors, bienvenue à toi qui passe par hasard ou par envie. N'hesite pas à laisser un petit mot dans les commentaires et à (re)passer à l'improviste. Je serais toujours sur le balcon ou dans l'escalier pour causer un peu. De tout, de rien, c'est ce qu'on fait entre voisins, non ?

A bientôt, donc.
Par Alphonse Boudabard - Publié dans : La vie sociale d'Alphonse B.
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