Te raconterais-je ma vie que je te parlerais de ce matin de mai où
je me réveillais dans une maison posée sur le sable d'une plage du Pacifique que l'on nomme Malibu. Un ami gentil et nanti dont le grand père avait eu le bon goût de faire fortune dans la télé
d'Oregon, m'y avait convié pour partager avec d'autres parasites sa oisive existence californienne.
Or donc, le crâne endolori par le blanc californien trop boisé et la Bud light
trop tiède, je me levais dans le salon (saloon ?) au moment où l'un des protagonistes de la soirée précédente entrait dans la maison. Tel un vitrail de cathédrale, je revois son profil massif de
batteur à succès se dessiner dans l'encadrement de porte, auréolé par la lumière du matin.
La tradition française veut que l'invité matinal amène les
croissants frais (donc chaud) aux convives survivants de la soirée de la veille. Faute de cette inimitable inertie historique, l'Américain, toujours pratique, a remplacé, dans sa propre culture,
le croissant au beurre par le muffin au quelque-chose. Pour les plus frileux de nos ressortissants qui n'ont pas eu la chance de faire connaître l'étendue de notre vaste culture Européenne aux
étrangers Américains vivant chez eux, le muffin est une sorte de cake levé, cuit dans un moule individuel en papier et agrémenté de fruits, de confiseries ou de tout ce qu'on veut d'autre, pourvu
que ce soit coloré et extrêmement sucré.
Brandissant un sac maculé de tâches de gras, sourire Pepsodent® aux lèvres, l'ami musicien survivant nous indiquait à sa façon que l'heure du petit déjeuner avait sonné. Il était temps pour nous d'absorber le trouble jus de chaussette que les habitants de son fier pays tentent de faire passer pour du café en le mélangeant à volonté avec du lait, de la crème et beaucoup de sucre pour en masquer le goût. Tel fut fait et nous ingurgitâmes de bon coeur les 7000 calories que chaque citoyen US se doit de manger avant le début de toute journée.
Quoiqu'on en dise, le lipide Américain n'a pas la subtilité du noble
gras Européen. Impossible de comparer la croustillante et fondante morsure d'un croissant au beurre sorti du four à l'écoeurante sensation molle, grasse et saturée en sucre d'une bouffffée de
muuuchhhhin, pardon, d'une bouchée de muffin.
Avec tout le respect que je dois aux Américains, à qui nous devons quand même le 11 septembre et les nuggets de poulet sauce barbecue, je dois dire que la sensation gustative de la «cuisine » populaire de leur grand pays se limite assez souvent à une variation gras/sucre dont l'intensité sur l'échelle de Richter semble sans borne.
Pourtant, au delà de l'éprouvante expérience de sa consommation, me reste, de cette improbable pâtisserie, un nom. Ce nom qui excita ma gourmandise et résonne aujourd'hui encore dans mon esprit comme un cadeau : « Glorious Morning ».
S'il est en un domaine dans lequel nous n'arriverons jamais à la basket de nos
frères américains, c'est bien celui du marketing.
Et 2000 ans de plus de « glorieux matins » européens n'y changeront rien.
(D'ailleurs, si « breakfast » est la traduction littérale de « déjeuner ». Le pays de la Cadillac n'a pas la mesquinerie de rajouter « petit » devant. Remarque, on comprend pourquoi.)
Les méfaits du muffin :
http://regretfulmorning.com/2009/01/analyzing-the-muffin-top/
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Je t'ai parlé hier de l'inventeur de la girafe à mâcher qui fait
"pouic-pouic".
Je l'imagine, Monsieur Sophie, bedonnant rentier sur son yacht immense des
Bahamas, caressant du bout de ses doigts usés par le travail du caoutchouc, la croupe affriolante de créatures lascives et alanguies (mais surtout, sans silicone !), en sirotant un cocktail
forcément exotique...
Et ben non ! N'écoutant que les sirènes (mi femme, mi-poisson, mi-démon) du marketing, il a
préféré « diversifier », « développer », « optimiser », « élargir la gamme», « couvrir tout l'univers du bébé » etc.
En fait, cette histoire n'est pas tout à fait exacte. Car le papa de Sophie n'est
pas un homme mais une entreprise (tout est dit...). Et l'ouvrier qui a « collaboré » à l'élaboration du moule Sophie est certainement, depuis, parti à la retraite avec une belle montre à
quartz, une poignée de main et un pot de départ émouvant. A moins qu'un plan social de crise ou une maladie professionnelle liée au caoutchouc (ça existe, ça ?) n'ait eu raison de lui
auparavant...
J'aimerai bien être le type qui a inventé le moule de la
girafe Sophie en caoutchouc. Tu sais, le hochet pour enfant avec un sourire idiot, une tête de dinosaure, des pattes de percheron, des pieds de rhinocéros, des oreilles d'âne, un corps de biche,
des tâches de léopard, des cornes d'extraterrestre...et un cou de girafe (quand même).
Il devait pas mal picoler, Monsieur Sophie, quand il a inventé sa
« girafe ».
Sur ce, il a du s'endormir sur son établi.
Pourquoi ? C'est pas son goût, j'ai testé. C'est vaguement salé; certainement plus
à cause de ce qu'elle ramasse que de sa composition secrète originale.
J'aime bien les repas d'été. On y échange souvent des idées rigolotes que nos
cerveaux compressés par le boulot et les inconvénients de la vie moderne censurent le reste du temps. On retrouve aussi, hélas, les poncifs éculés des conversations mondaines de l'hiver. Celle
sur le tofu en fait partie.
Alors la fille au bandeau reprend :
J'ai fini par en déduire que le tofu n'était pas un aliment mais une discipline
alimentaire. « Jakadi a dit que ta mission, si tu l'acceptes, sera de rendre ce bloc carré, tout blanc, sans consistance ni saveur en truc mangeable". Si tu la réussis, tu pourras t'en
vanter en société. Comme pour la cérémonie du thé des amateurs de pyjama ou la corrida des aficionados de la daube de taureau en plein air.
Pas étonnant que cette pratique vienne de Chine et du Japon, pays qui,
comme l'Angletterre, ont la manie de codifier toutes leurs pratiques, certes millénaires, pour les transformer en art. Pendant que l'Anglais, lui, (n')en a fait (que) des sports. (Il faut
dire que pour lui, la bouffe...).
Peut-être en as-tu dans ton entourage ou peut-être en es-tu toi-même un,
d'« ami qui fait honte » ?
activité sportive ou culturelle, fac, boulot... A cette occasion, faute de
mieux, tu t'es lié d'amitié avec lui au point de vous considérer mutuellement depuis comme « amis ».
Or, le plus souvent, le « copain qui
fait honte » est resté bloqué à ladite période précédente d'insouciance, d'égarement ou de recherche de soi. Ou a évolué dans une direction, disons sobrement « différente » de la
tienne, au point de basculer dans le « côté obscur de la force ». Et c'est là que le problème se pose.
Disserterez-vous sur la dimension mystique de l'Inde, ton « copain qui fait
honte » en vantera les
vertus...« laxatives ». Parlez-vous de Kurt
Cobain, il le comparera à Schubert ou Beethoven. A tes amis végétariens, il clamera sa passion pour la corrida. A tes collègues de bureau, il contera en détail ta première cuite ou tes errances
amoureuses. A ta nana, il parlera de ton ex et confiera « pour t'aider » à tes parents tes problèmes financiers. Si tu l'invites à une rave sauvage en pleine cambrousse, tu peux être
sûr qu'il y débarquera dans sa Mini en chemisette oxford, mocassins à glands et pull jacquard sur les épaules. Retrouve tes potes locaux sur ton spot préféré, il se pointera avec un Morey
flambant neuf, un tee-shirt trop mode...et son vilain accent parigot. Dans un grand restaurant, en revanche, c'est en espadrilles et pull démaillé qu'il te foutra la honte. Inutile de l'emmener
dans ton bar favori, le physio. le laissera, de toutes façons, dehors... C'est ça, les copains qui font honte.
réussi jusque là à cacher). T'ayant
connu « tout p'tit », il n'a cure que tu sois désormais directeur d'une usine atomique, juge d'application des peines, champion du monde de snowboard, amiral ou évêque de Chartres. Pour
lui, tu seras toujours le petit « Roro » qui avait fait caca dans sa culotte, une fois, il y a exactement 22 ans...
Cavalière introduction certes (quoique le zèbre ne se monte pas).
Sur internet a circulé un moment un powerpoint rigolo expliquant, selon la bonne
vieille mécanique du maraboutd'ficelle, que les dimensions actuelles de la navette spatiale américaine était dues à la taille des culs des boeufs qui, au Moyen-Age, tiraient les charrettes. Par une
réaction en chaîne, cela aurait conduit à dimensioner le vaisseau américain selon les proportions des postérieurs de ces placides animaux. Je t'épargne le raisonnement alambiqué pour en venir à
cette conclusion mais j'aime bien l'idée qu'une somme de petits riens puisse aboutir à un grand tout. L'effet papillon appliqué à la chose historique, en quelque sorte.
Invention de presse tiges
Si d'autres dispositions de touches furent essayées (dont celle de M. Dvorak datant
de 1932 cf. clavier ci-contre), aucune ne pu supplanter celle de Scholes. A l'heure où l'ordinateur gère lui-même l'ensemble des flux d'information, on peut se poser la question de la pertinence
d'une telle configuration de clavier. Des claviers aux formes ergonomiques ont depuis vu le jour. Mais aucun produit grand public n'a jusqu'à présent remis en question cet ordre établi, fruit de
l'histoire de la machine à écrire...et de nos habitudes.
Le premier texte de l'Internet a 99 ans !
J'ai appris, il y a peu, que ce que je vénérais, dans mon panthéon
personnel, comme un monument mondial du jouet avait failli disparaître brutalement, ni vu ni connu.
Ca y est, il est en ligne, le blog perso d'Alphonse Boudabard.