Partager l'article ! Karma kamikaze des moches mouches, kabbale anti-tranquilité: D'autres l'ont écrit avant moi et bien mieux : quoi de plus enquiquinant qu'un ...
D'autres l'ont écrit avant moi et bien mieux : quoi de plus enquiquinant
qu'une mouche ?
C'est toujours lorsque tu goutes un rare instant de sérénité que tu sens les pattes velues de cet exécrable insecte se poser sur le pied ou le bout de ton nez. Non contente de te chatouiller,
elle te fait sursauter par le vilain « bbbzzz » qu'elle produit à proximité de ton oreille. Parfois, mettant à l'épreuve ta patience, tu tentes de résister sans bouger à son frôlement
insupportable. Mais toujours, la mouche vient à bout de ton contrôle intérieur par ses agaçants petites picotis.
Ces morsures te dégoutent depuis que tu as vu ce fabuleux documentaire sur Insecte TV qui t'a appris que pour absorber ses aliments, la mouche les engluait
d'abord de sucs gastriques qu'elle regurgitait, avant d'aspirer le tout avec sa trompe. Comment rester immobile quand on a vu cette régurgitation en gros plan et que l'on sait que c'est ce qu'est
en train de faire cet animal sur ton mollet ?
J'ai longtemps cru que « chiures de mouches » était une expression
imagée ne relevant d'aucune réalité. Si tu t'approches suffisamment près d'une vitre, tu observeras de minuscules cercles allant du marron foncé au blanc qui sont bien des traces dues aux
passages de mouches. Ma connaissance de la mouche ne va cependant pas jusqu'à pouvoir affirmer que ces déjections proviennent d'une évacuation ou d'une régurgitation. Ce qui n'est pas la même
chose. Le doute quant à la réalité de l'expression n'est donc pas levé. Je vais me renseigner.
On dit souvent improprement « y'a une mouche là, qui est vraiment énervante !», imputant tous les désagréments à une seule et même créature. Or, l'on constate souvent, un fois l'intruse abattue, qu'une autre, à son tour, vient nous importuner. Preuve que ce n'était pas une mais deux, trois voire dix mouches qui s'ingénient à nous agacer. Peut-être qu'une loi non écrite chez les mouches existe qui veut qu'elles n'attaquent qu'une par une mais qu'à chaque mouche qui tombe, "une autre sort de l'ombre à sa place"... Quoiqu'il en soit, c'est fou l'insoutenable agacement que peut causer une seule et vile mouche.
Heureusement, grâce à son génie, l'Homme trouve toujours le moyen de rester maître chez lui et de proclamer à la face du reste de la Nature son inaliénable
supériorité au sein de la Création. Pour cela, il a créé de meurtrières bombes insecticides. Une seule pression peut anéantir toute velléité d'existence d'insectes volants à la ronde et ce sur
plusieurs générations tant est perfectionné l'effet préventif et répulsif de leur composé chimique. Mais à l'heure où le moindre shampoing antipellicullaire parait suspect, employer de telles
armes de destruction massive reviendrait à utiliser un marteau selon l'expression consacrée. Même si, à bien y réfléchir, l'insecticide fait quand même moins de dégâts sur les vitrages.
Différents moyens, plus écologiques, existent. Certains affirment qu'éteindre toute source lumineuse et ouvrir les fenêtres inciterait ces pénibles insectes à chercher ailleurs des proies plus faciles (et plus éclairées). Encore faudrait-il avoir la patience de rester dans le noir le temps suffisant à l'évacuation totale des indésirables. Le célèbre papier colle-mouche est une arme non polluante, a priori. Il s'agit d'un beau ruban gluant marron qu'il faut dérouler et accrocher au plafond. Si tu y parviens sans te coller les doigts ou une autre partie du corps, il donnera à ton petit chez toi une belle allure d'étable Lozérienne; le spectacle des mouches mortes à hauteur d'yeux en plus.
La meilleure arme reste la tapette à mouche. Elle a le mérite de permettre
l'élimination directe et immédiate des mouches concernées tout en offrant un exutoire soulageant immédiatement l'énervement provoqué. Faire payer la fautive (ou sa congénère; l'auras tu noté ?
toutes les mouches se ressemblent...) devient un plaisir sadique et rare : « Tiens dans ta face, salope ! ». (Excuse moi pour le gros mot mais ça soulage...).
Deux inconvénients tout de même : le premier : cet acte de violence légitime ayant pour effet de raccourcir le système digestif des mouches par une forte pression faisant communiquer d'un seul coup la trompe et le sphincter de l'insecte, il en résulte le plus souvent une expulsion d'un liquide incertain qu'il sera nécessaire d'essuyer.
Le deuxième : comme toute arme de poing, celle-ci n'est efficace que lorsque tu l'as en main. Et, devine quand la mouche va se poser sur toi ?
Allez, une petite chanson pour détendre l'atmosphère : "La mouche" de Michel Polnareff repris par "Le cri de a mouche" pour rester dans l'ambiance...
Je n'insulterai pas ta culture ciné en te rappelant les aventures de Jeff Goldblum dans le bizzaroide "La Mouche" du définitivement taré David Cronenberg, mais j'évoquerai simplement un expérience inoubliable au Rock&Roll Hall of fame de New York, où une expo dédiée à Lennon dans ses années américaines montrait un film de 20mn mettant en scène une femme endormie, sur et autour de laquelle évoluait une mouche que la caméra s'attachait à suivre, pendant que Yoko émettait des petits piaulements discontinus, qu'elle s'évertue à qualifier de chant mais qui s'apparentent plutôt à du couinement de bête agonisante .
Voilà, je voulais partager avec toi ce grand temps fort des vacances, je vais même peut-être en parler sur mon blog.
Gros Bisous
PS très bien ce blog, il fait partie de mes favoris !
C
J'avais effectivement occulté le film de Cronenberg et notamment la scène de l'extraction des ongles de Goldblum devant sa glace, beurk !
Toi seule pouvait connaître cet épisode de la vie de Lennon. 20 minutes, ça doit être long avec une Yoko Ono qui hullule. Mais d'après ta description, cela semble illustrer parfaitement les désagréments que cause la mouche. Encore une belle métaphore du grand John...malgré Yoko.
Me reviennent les paroles de la chanson kitsch d'Arnold Tubourst :
"Adélaïde vous êtes belle
Mes yeux sont fixés sur la mouche
Adélaïde qui m'ensorcelle
Mouche si près de la bouche"
Oui oui, parle en dans ton blog !
Mon blog dans les favoris de Madame V. ? Mazette, ça vaut bien 30 points de plus à mon "Blog Rank", ça ! Merci, merci !
Merci, les amis d'avoir réhabilité cet insecte auparavant si vil à mes yeux. Comme quoi tout n'est qu'une question de regard .
La drosophile a fait avancer la génétique (comme quoi t'as fait de bonnes siestes en cours de bio...) et puis on peut lui trouver un esprit innovant, avant le sida et ebola elle avait déjà infestée (et infectée: glossine) depuis belle lurette ce doux continent africain.
J'aurai préféré un pamphlet au sujet du nuisible moustik,
qui nous pompe l'air (et le sang) à tous.
Ecoute plutôt Zobi la mouche des Negresses vertes.
Pour finir passe à la machine à laver tes fumantes Converse de l'été passé et des mouches tu seras débarrassé.
Me voilà donc bien mouché.
Et c'est vrai qu'il est de bon ton aujourd'hui d'accabler le vilain moustique tout permis "qui pique même le président de la république"... dixit Zao, grand artiste africain si (injustement) méconnu.
Et puis la mouche permet aussi de belles parties de pêche, non ?
Alors vive la mouche et sus au moustique !
(je vais quand même voir ce que je peux faire pour mes baskettes...)