Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 08:58

D'autres l'ont écrit avant moi et bien mieux : quoi de plus enquiquinant qu'une mouche ?

C'est toujours lorsque tu goutes un rare instant de sérénité que tu sens les pattes velues de cet exécrable insecte se poser sur le pied ou le bout de ton nez. Non contente de te chatouiller, elle te fait sursauter par le vilain « bbbzzz » qu'elle produit à proximité de ton oreille. Parfois, mettant à l'épreuve ta patience, tu tentes de résister sans bouger à son frôlement insupportable. Mais toujours, la mouche vient à bout de ton contrôle intérieur par ses agaçants petites picotis. Ces morsures te dégoutent depuis que tu as vu ce fabuleux documentaire sur Insecte TV qui t'a appris que pour absorber ses aliments, la mouche les engluait d'abord de sucs gastriques qu'elle regurgitait, avant d'aspirer le tout avec sa trompe. Comment rester immobile quand on a vu cette régurgitation en gros plan et que l'on sait que c'est ce qu'est en train de faire cet animal sur ton mollet ?

J'ai longtemps cru que « chiures de mouches » était une expression imagée ne relevant d'aucune réalité. Si tu t'approches suffisamment près d'une vitre, tu observeras de minuscules cercles allant du marron foncé au blanc qui sont bien des traces dues aux passages de mouches. Ma connaissance de la mouche ne va cependant pas jusqu'à pouvoir affirmer que ces déjections proviennent d'une évacuation ou d'une régurgitation. Ce qui n'est pas la même chose.  Le doute quant à la réalité de l'expression n'est donc pas levé. Je vais me renseigner.

On dit souvent improprement « y'a une mouche là, qui est vraiment énervante !», imputant tous les désagréments à une seule et même créature. Or, l'on constate souvent, un fois l'intruse abattue, qu'une autre, à son tour, vient  nous importuner. Preuve que ce n'était pas une mais deux, trois voire dix mouches qui s'ingénient à nous agacer. Peut-être qu'une loi non écrite chez les mouches existe qui veut qu'elles n'attaquent qu'une par une mais qu'à chaque mouche qui tombe, "une autre sort de l'ombre à sa place"... Quoiqu'il en soit, c'est fou l'insoutenable agacement que peut causer une seule et vile mouche.

Heureusement, grâce à son génie, l'Homme trouve toujours le moyen de rester maître chez lui et de proclamer à la face du reste de la Nature son inaliénable supériorité au sein de la Création. Pour cela, il a créé de meurtrières bombes insecticides. Une seule pression peut anéantir toute velléité d'existence d'insectes volants à la ronde et ce sur plusieurs générations tant est perfectionné l'effet préventif et répulsif de leur composé chimique. Mais à l'heure où le moindre shampoing antipellicullaire parait suspect, employer de telles armes de destruction massive reviendrait à utiliser un marteau selon l'expression consacrée. Même si, à bien y réfléchir, l'insecticide fait quand même moins de dégâts sur les vitrages.

Différents moyens, plus écologiques, existent. Certains affirment qu'éteindre toute source lumineuse et ouvrir les fenêtres inciterait ces pénibles insectes à chercher ailleurs des proies plus faciles (et plus éclairées). Encore faudrait-il avoir la patience de rester dans le noir le temps suffisant à l'évacuation totale des indésirables. Le célèbre papier colle-mouche est une arme non polluante, a priori. Il s'agit d'un beau ruban gluant marron qu'il faut dérouler et accrocher au plafond. Si tu y parviens sans te coller les doigts ou une autre partie du corps, il donnera à ton petit chez toi une belle allure d'étable Lozérienne; le spectacle des mouches mortes à hauteur d'yeux en plus.

La meilleure arme reste la tapette à mouche. Elle a le mérite de permettre l'élimination directe et immédiate des mouches concernées tout en offrant un exutoire soulageant immédiatement l'énervement provoqué. Faire payer la fautive (ou sa congénère; l'auras tu noté ? toutes les mouches se ressemblent...) devient un plaisir sadique et rare : « Tiens dans ta face, salope ! ». (Excuse moi pour le gros mot mais ça soulage...).

Deux inconvénients tout de même : le premier : cet acte de violence légitime ayant pour effet de raccourcir le système digestif des mouches par une forte pression faisant communiquer d'un seul coup la trompe et le sphincter de l'insecte, il en résulte le plus souvent une expulsion d'un liquide incertain qu'il sera nécessaire d'essuyer.

Le deuxième : comme toute arme de poing, celle-ci n'est efficace que lorsque tu l'as en main. Et, devine quand la mouche va se poser sur toi ?

 

Allez, une petite chanson pour détendre l'atmosphère : "La mouche" de Michel Polnareff repris par "Le cri de a mouche" pour rester dans l'ambiance...

Par Alphonse Boudabard - Publié dans : Alphonse n'est pas content - Communauté : Petits bonheurs
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus