Mardi 15 septembre 2009
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Un jour, je ferai fortune. Si, si.Comment ? J'aurai inventé, fais breveter et commercialiser le système permettant aux téléphones de raccrocher cinq secondes après que l'on ait cru l'avoir fait. Ceci afin que celui qui garde le téléphone à l'oreille puisse entendre ce que dit l'autre juste après qu'il ait (cru) raccroché(r)... Un truc de dingue !
Car quel que soit le temps que l'on passe au téléphone et ce que l'on se dit, le plus important, le plus révélateur, ce qui traduit le mieux le tréfond de notre pensée trahissant la réalité de nos sentiments à l'issu de l'échange, n'est-ce-pas ce que l'on dit...juste après avoir raccroché ?
Le plus souvent, c'est : « Ah, mais quel con !», «Cours toujours, mon pote» ou « Compte
là dessus, Lulu ! ». Parfois, ça parle de voyage en Grèce, évoque une soeur, une mère ou l'ascension d'une éventuelle butte pour y entrevoir Montmartre... Mais ce bref instant révélateur peut
également dévoiler des pensées bien plus positives, intimes même, que la pudeur ou les sentiments ont réprimées durant l'échange. Le plus souvent dans un soupir : « Quand arriverai-je à le lui
dire ?», « Je t'aime, grand fou !» (à l'adresse d'un grand), « Sois à moi, petite idiote » (à une petite), « Quand tu veux, mon gros » (pour un gros). A noter que
cette dernière assertion ne concerne pas uniquement l'amour mais peut aussi s'appliquer aux affaires, au sport ou à tout autre enjeu ou défi de la vie courante sur le thème du « cochon qui
s'en dédit ».
Pensez à tous ceux qui raccrochent mi-figue mi-raisin après un contact
téléphonique de première importance et qui vont s'interroger des heures (des journées ?) entières sur la réalité et la conclusion à tirer de cette courtoise conversation qui les a laissé sur leur
faim. En 5 secondes chronos, ils auraient eu leur réponse : « Tu me gaves », « Je t'aime », « Vas te faire tâter, gros nain. », « Vivement demain, ma belle. »,
« Yoooouuuupppi ! » ou « Ouf ! ». Bon, « Ouf », ça reste pas très clair, comme conclusion. Tout produit a ses limites...Bien sûr, parfois, nul besoin du support de la technologie pour saisir la nature réelle de la discussion. Une tonalité perçue après qu'on se soit fait raccrocher au nez par exemple est une forme implicite et dérivée de la fameuse invitation Grecque citée plus haut. De même les explicites « Ah non, vous vous êtes trompé de numéro » et le « Raccrochez ou j'appelle la Police ». A noter que cette dernière menace est restée longtemps un grand bluff avant la généralisation du téléphone portable qui offrit enfin à l'interlocuteur excédé une deuxième ligne disponible permettant réellement de composer le 12...
Nombreux sont ceux qui ont tenté de détourner à leur proft le contenu d'échanges
téléphoniques privés. De retentissants scandales ont puni les indiscrets qui se risquaient à ces obscures manoeuvres. Et la technologie progressant, il ne doit plus être très compliqué,
aujourd'hui, d'intercepter des communications. Pourtant, la science n'est jusqu'à présent jamais parvenue à percer à jour la teneur réelle de l'échange verbal entre deux personnes physiquement
distante. Comment décoder en effet ces non-dits énigmatiques qui n'existent pas dans une conversation « les yeux dans les yeux » ? Sinon en écoutant ce qui s'échappe...juste après !Et toutes ces cinq secondes mises bout à bout valent de l'or, n'est ce pas ?
Par Alphonse Boudabard
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Publié dans : Des fois, ça fait peur...
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Communauté : Petits bonheurs
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Un truc me chiffonne. J'ai découvert qu'on pouvait vivre des instants
philosophiques de grande intensité dans sa propre vie de tous les jours. Et même...dans ses toilettes.
Cette histoire, somme toute banale, s'arrêterait là et n'aurait pas attiré mon attention si
cette amnésie ne s'était répétée trois jours de suite. Accaparé par mes occupations de la journée, je ne ressentais l'impérieux besoin de lumière qu'à la nuit tombée. Or, comme dans la chanson de
Monsieur Trenet où le Soleil ne peut rencontrer la Lune, j'étais emporté dans un cercle vicieux. S'il fallait du jour pour changer l'ampoule, il était nécessaire qu'il fasse nuit pour que je m'en
souvint...
Ainsi, sans ce synchronisme adéquat, besoin et (satisf)action ne pouvaient
s'accomplir. Effrayante sensation que de se croire embarqué dans une mise en abîme insondable de sa propre pensée. Et d'en conclure que certains problèmes ne peuvent plus être résolus faute d'avoir
été exprimés au moment où ils auraient eu encore une chance d'être solutionnés.
Heureusement, cette histoire a fini par me faire un noeud au cerveau, comme à un mouchoir. Ce
qui m'a permis de me rappeler, le troisième matin, de prendre mon escabeau pour casser ce cycle infernal.